Yémen: 41 employés d’une chaîne TV détenus par les Houthis

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Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont demandé, ce mercredi, aux Houthis au Yémen de libérer «immédiatement» 41 journalistes et autres employés d’une chaîne de télévision détenus dans la capitale Sanaa. Ces personnes travaillant pour Yemen Today une chaîne affiliée à à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, assassiné lundi- ont été arrêtées lors d’une attaque contre la télévision samedi.

Un représentant du Congrès populaire général (CPG), le parti de Saleh, a déclaré que certains journalistes ont été transférés dans des prisons, alors que d’autres sont toujours détenus au siège de la chaîne. «Les Houthis exerçaient des pressions sur eux pour qu’ils changent leur couverture médiatique, publient certaines déclarations», et l’accusent de travailler pour la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, a-t-il dit. «Mais les journalistes ont refusé», a-t-il ajouté. RSF a déclaré que des éléments houthis avaient tiré des roquettes lors de l’attaque contre la chaîne de télévision, blessant trois gardes. L’organisation a «condamné les agissements violents des Houthis à l’encontre des journalistes qui constituent des violations graves aux Conventions de Genève», a dit Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, dans un communiqué. «Nous demandons aux rebelles de libérer immédiatement les journalistes et employés de la chaîne, ainsi que les 11 autres professionnels et collaborateurs des médias qu’ils détiennent dans leurs prisons», a-t-elle ajouté. Un porte-parole du CPJ, organisation basée à New York, a aussi appelé à la libération immédiate des journalistes, affirmant que l’attaque contre Yemen Today «démontre un profond mépris pour la liberté de la presse». Les affrontements entre Houthis et partisans de Saleh ont fait au moins 234 morts et 400 blessés depuis vendredi dernier, selon le Comité international de la Croix-Rouge. Les Houthis contrôlent Sanaa depuis septembre 2014. L’Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 au Yémen à la tête d’une coalition de pays arabes pour venir en aide au gouvernement qui s’est réfugié dans le Sud.