Zetchi navigue à contre-courant

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Ainsi donc, la FAF attend toujours le feu vert des pouvoirs publics et des autorités sanitaires pour la reprise des championnats. Un feu vert qui ne viendra vraisemblablement jamais compte tenu de la situation sanitaire inquiétante au pays qui a tendance à se détériorer de plus en plus.

La pandémie du Covid-19 est loin d’être terminée. Elle progresse encore, comme ne cesse de le répéter l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’on s’étonne du coup de l’entêtement et de l’obstination de la Fédération, à vouloir coûte que coûte poursuivre la saison, alors que tous les indicateurs plaident pour un arrêt définitif des compétitions. Elle ne représente même pas le souhait des clubs dont la majorité écrasante se prononce, pour sa part, contre la reprise. C’est en tout cas ce qui ressort de la virée effectuée dernièrement par le président de la LNF, Abdelkrim Medouar à l’Est, au Centre et à l’Ouest du pays durant laquelle il a rencontré les représentants des équipes  de la Ligue 1 et de la Ligue 2. «Entre 90 et 95% des clubs sont contre la reprise de la compétition à l’heure actuelle. Les conditions sanitaires ne le permettent pas», a-t-il affirmé ce lundi au cours d’une conférence de presse animée au niveau du siège de la LNF. Sa tournée a pris néanmoins des allures de campagne laquelle n’a pas été vraiment du goût de Kheireddine Zetchi. C’est ce qui explique probablement le refus du Bureau fédéral de la FAF d’approuver le compte-rendu de Medouar. Zetchi et son équipe ont tenu ainsi à se démarquer de la démarche du patron de la LNF tout en sachant pertinemment qu’il y a peu de chance pour que la compétition soit relancée. D’ailleurs, dans le communiqué du BF, l’on rappelle que «la santé des citoyens algériens passe avant le football et que la FAF est en train de travailler en étroite collaboration avec les pouvoirs publics afin que la reprise des activités sportives se déroule sans le moindre risque pour la santé des acteurs de la discipline». Une lutte intestine et sournoise s’installe durablement entre les deux présidents. Elle a d’ailleurs de fortes chances d’éclater sur la place publique dans les semaines à venir. Même si pour le moment Zetchi et Medouar nient avoir des problèmes mutuels, il ne faut pas être un clerc pour deviner que leurs relations sont exécrables, derrière les apparences. Leur différend sur la reprise ou non du championnat n’est que la partie visible de l’iceberg. Les deux hommes cohabitent malgré eux sans partager manifestement la même vision ni la même  conception du football. Sans le crier sur les toits, Medouar est en train de jouer sa carte personnelle tout en essayant d’enfoncer davantage son rival. Sa sortie médiatique suite au décès tragique, cette semaine, de l’ex-président de la Ligue régionale de Annaba, Ahmed Mebrek, en dit long sur ses intentions. Il a tenu à confier qu’il a eu une discussion au téléphone avec le défunt la veille de sa mort. Un entretien cordial a-t-il ajouté, pour montrer qu’il entretenait de bonnes relations avec le disparu. Cela au moment où une polémique est née à Annaba où l’opinion sportive locale accuse la FAF d’avoir injustement écarté le défunt de ses fonctions.  Pour rappel, Ahmed Mebrek a été suspendu le 20 juin dernier de toute activité liée au football par la chambre de jugement de la commission de l’éthique. Une décision que le feu Mebrek avait contesté en adressant une lettre de protestation au ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi. Il est parti sans avoir droit à un recours, ni à une éventuelle réhabilitation.

Ali Nezlioui