A quand un Hirak dans le football ?

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L’assemblée générale de la FAF ayant été « liquidée », les acteurs du ballon rond vaquent à leurs occupations quotidiennes en reprenant leurs activités louches et opaques.

Une simple formalité, donc, l’adoption du bilan moral et financier de l’AG, ce qui reflète parfaitement la déliquescence dans laquelle se fourvoie le sport-roi chez nous. Aucun débat, ni même une esquisse pour approfondir quelque peu la discussion comme si la discipline n’en avait pas besoin. Pourquoi faire, dès lors que le football dans toute sa splendeur, se porte comme un charme en Algérie. Des consécrations continentales à profusion, des clubs riches et bien structurés, une équipe nationale représentative qui truste les titres et les nominations à l’international. Pas besoin donc de s’attarder avec des arguties à l’occasion de cette réunion transformée en rencontre  conviviale entre gens de bonnes familles. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil dans le meilleur des mondes. On aurait aimé que ce soit le cas, mais l’absence de débat au sein de l’assemblée de la FAF est plutôt le signe d’une pauvreté intellectuelle criarde et une malhonnêteté manifeste de sa composante. Avant d’être structurelle et morale, la crise du football national est avant tout celle de l’absence des compétences. Des dirigeants arrivistes dont la première qualité est l’opportunisme occupent la scène footballistique depuis des lustres. Ce qui fait qu’il n’y a plus d’échelle de valeur ni une éthique dans un monde sans foi, ni loi. Le hic est que les pouvoirs publics ont laissé faire en étant même complices avec le seul souci de maintenir ce secteur stratégique sous contrôle. En continuant à l’alimenter parfois généreusement et d’autres fois avec parcimonie, les autorités ont suscité une addiction chez les dirigeants des clubs pour les contenir dans leur rôle d’assistés au point de leur faire perdre tout esprit d’initiative. Ils sont là pour amuser la galerie en faisant l’intéressant sur les plateaux de télévision. Le populisme et la médisance sont leurs armes préférés pour masquer leur médiocrité et leur incapacité à pouvoir gérer un club. La FAF et la LNF ne sont que l’émanation de ces gens là. Il ne faut pas s’attendre donc à ce qu’ils réforment le football ou parviennent à le faire sortir de son marasme. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ils sont l’origine du mal et le salut ne viendra qu’avec leur départ tous. Un slogan à la mode qui sied bien au monde du ballon roi.L’on se demande quand est-ce que la base, à l’instar du peuple algérien, prenne conscience de cela, pour exiger leur départ. Le sport en général chez nous a besoin aussi d’un hirak. C’est même une nécessité absolue tellement sa représentativité s’est affaiblie et sa pratique n’a plus aucun sens à tous les niveaux. On a touché le fond, mais certains veulent qu’on creuse encore.

Ali Nezlioui