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dimanche, septembre 26, 2021
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Afghanistan: Kaboul est sous le contrôle du mouvement taliban

Depuis le 15 août, l’Afghanistan est sous le contrôle du mouvement taliban, qui a pris le contrôle de la capitale Kaboul après la fuite du président afghan Ashraf Ghani. Seize agences des Nations unies et d’autres organisations, ainsi que la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes déplacées se sont engagées à rester en Afghanistan, soulignant que les Afghans ont plus que jamais besoin de soutien.

Dans une déclaration conjointe, les seize agences des Nations unies, des unités partenaires et la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes déplacées, Cecilia Jimenez-Damary, les signataires entendent attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort des 18 millions d’Afghans qui ont besoin d’aide humanitaire. Lors d’une émission en direct avec le porte-parole du Secrétaire général des Nations unies à New York, le Représentant de l’UNICEF en Afghanistan déclaré que l’agence opère dans le pays depuis 65 ans et qu’elle entend y rester. Dans leur déclaration, les agences humanitaires affirment que «plus que jamais, le peuple afghan a besoin de soutien». Les entités se sont engagées à aider et à protéger les Afghans en restant dans le pays et en fournissant l’aide nécessaire. Au début de cette année, la moitié des Afghans, dont plus de 2 millions de femmes et près de 10 millions d’enfants, avaient déjà besoin d’une aide humanitaire pour survivre. La situation est encore plus grave en raison du conflit, de la sécheresse et de la pandémie. Depuis la fin du mois de mai, le nombre de personnes déplacées par le conflit et nécessitant une aide humanitaire a plus que doublé pour atteindre 550 000. Un tiers des Afghans sont confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire et plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition. Les agences ont réitéré l’appel du Secrétaire général, Antonio Guterres, à toutes les parties, y compris les talibans, pour qu’elles mettent fin à la violence et respectent les Droits de l’Homme et le droit humanitaire international. Le groupe a demandé le passage en toute sécurité des hommes et des femmes de l’humanitaire afin que l’aide puisse atteindre ceux qui en ont besoin. Pour les agences humanitaires, toutes les parties en Afghanistan doivent respecter les civils et les libertés de chacun. Les organisations ont réaffirmé leur engagement à promouvoir le droit de chacun dans le pays, y compris les femmes et les filles. Selon la déclaration, les droits et les avancées dont ils bénéficient, y compris une éducation de qualité, doivent être maintenus et préservés. Dans la déclaration commune, le groupe d’agences a appelé les gouvernements à maintenir leurs frontières ouvertes afin que les Afghans qui le souhaitent aient la possibilité de demander l’asile dans un autre pays. Les agences estiment qu’il faudra 1,3 milliard de dollars pour apporter une aide humanitaire à près de 16 millions de personnes en Afghanistan. Seuls 37% de ce total ont été reçus.

L’UE «devra parler» aux talibans car «ils ont gagné la guerre», affirme Borrell

L’UE «devra parler» aux talibans «aussi vite que nécessaire» car ces derniers «ont gagné la guerre» en Afghanistan, mais sans que cela implique de reconnaître formellement le nouveau régime dans l’immédiat, a déclaré, mardi, Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne. «Les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux, afin d’engager un dialogue aussi vite que nécessaire pour éviter une catastrophe humanitaire et potentiellement migratoire» en Afghanistan, a-t-il indiqué, lors d’une conférence de presse. «Ce dialogue devra aussi se concentrer sur les moyens d’empêcher le retour d’une présence terroriste étrangère en Afghanistan», alors que les relations toujours fortes entre les talibans et Al Qaïda alimentent l’inquiétude, a insisté M. Borrell. Il a néanmoins précisé que de telles discussions n’impliquaient pas pour autant une prompte reconnaissance officielle du régime taliban par Bruxelles. M. Borrell s’exprimait devant la presse à l’issue d’une réunion en visioconférence des ministres européens des Affaires étrangères, à l’heure plusieurs Etats membres de l’UE renforcent leurs efforts pour accélérer l’évacuation de ressortissants occidentaux et de personnels afghans depuis l’aéroport Kaboul. «Il ne s’agit pas de reconnaissance officielle (des talibans), il s’agit d’être en contact. Si je veux que 400 personnes, des Afghans qui travaillaient pour l’UE et leurs familles, puissent rejoindre l’aéroport (pour être évacués), alors je dois parler aux autorités des talibans», a plaidé le responsable. «Dans le cas contraire, ce sera extrêmement difficile pour eux d’atteindre l’aéroport. C’est une opération logistique assez compliquée, donc on doit communiquer avec les talibans», a-t-il insisté, tout en assurant que Bruxelles restait «vigilant» sur le respect des normes internationales par les nouvelles autorités. Les ministres européens se sont également penchés, mardi, sur les circonstances de l’effondrement soudain des forces afghanes face à l’offensive éclair des talibans. «Nous devons reconnaître les erreurs que nous avons commises, particulièrement sur l’évaluation des capacités militaires» locales, alors que «l’apport de ressources sans précédent n’a eu que de médiocres résultats en terme de capacité de résistance de l’armée et de l’Etat afghans», a observé Josep Borrell. Le premier objectif de l’intervention occidentale, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, «était de détruire Al Qaida», mais «notre mission a graduellement évolué vers la construction d’un Etat moderne», a-t-il souligné. «Aujourd’hui, on peut dire que nous avons réussi pour le premier objectif».

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