Afrique: Abdelaziz Djerad : «Le développement en proie à des difficultés à cause des foyers de conflit et de tension»

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Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a affirmé, jeudi à Alger, que le développement en Afrique «demeure en proie à plusieurs difficultés dont la persistance des foyers de conflit et de tension», plaident pour «un renforcement de la complémentarité» entre pays africains afin de faire face à toutes les menaces, y compris les défis liés à la pandémie du Coronavirus.

Le développement dans le continent africain, auquel nous aspirons tous, demeure en proie à plusieurs difficultés majeures, en tête desquels figure la persistance des foyers de conflit et de tension, d’où l’importance du renforcement de la complémentarité entre nos Etats en vue de faire face à toutes les menaces, et à tous les niveaux, particulièrement les défis liés à la pandémie du Covid-19 et au changement climatique, ensuite», a déclaré le Premier ministre, lors des travaux, en visioconférence, d’une rencontre de haut niveau à l’occasion du 20e anniversaire du lancement du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad), en qualité de représentant du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Et d’ajouter : «L’Afrique attend de l’Agence de développement de l’Union africaine (Auda-NEPAD) de jouer pleinement le rôle qui lui incombe, notamment en termes d’incitation de l’innovation, de viabilité du financement des grands projets continentaux, de la consolidation de l’intégration et du renforcement de la coopération interafricaine». Relevant «l’adhésion grandissante» au Nouveau Partenariat, Djerad a estimé que son élargissement à toutes les régions du continent et à toutes les communautés régionales, «est une preuve tangible de la vision éclairée de l’Algérie, en tant que membre fondateur, et qu’elle n’a eu de cesse de défendre pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063». Il a réitéré, à ce propos, «le soutien de l’Algérie aux efforts du développement en Afrique et au rôle de l’Auda-NEPAD, notamment dans le cadre du Comité de pilotage du NEPAD.

Consolidation de l’intégration africaine, «une conviction bien ancrée» pour l’Algérie Partant de sa conviction, bien ancrée, de l’impérative consolidation du processus d’intégration continentale en Afrique, l’Algérie a rapidement adopté une approche régionale, aussi bien pour ce qui est des projets d’infrastructure nationaux que régionaux, en soutien, concret et efficace, à la complémentarité et intégration en Afrique, a soutenu le Premier ministre. A ce propos, Djerad a affirmé que «la participation de l’Algérie se manifeste au plan régional à travers le projet de la Transsaharienne Alger-Lagos (Nigeria) appuyée par le gazoduc et la liaison en fibre optique, citant au plan national, les mégas infrastructures, dont les ports de Djendjen et d’El Hamdania (Cherchell). Des projets qui permettront, inéluctablement, de développer l’infrastructure continentale, d’augmenter les capacités logistiques et d’encourager le commerce interrégional en Afrique, a-t-il souligné. L’Algérie qui a lancé, au début d’année passée, l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, est décidée à renforcer son orientation africaine et contribuer à l’appui de l’intégration interafricaine et des efforts de développement dans les pays africains frères», a encore ajouté Djerad.

Le NEPAD lancé pour que l’Afrique compte sur ses capacités et ses potentiels  Par ailleurs, le Premier ministre a rappelé que l’idée du NEPAD est née pour que les pays africains comptent, d’abord et avant tout, sur leurs potentiels et capacités afin de sortir le continent de la spirale du sous-développement, mettre fin à sa marginalisation et assurer sa participation aux échanges économiques internationaux. Il était impératif de s’affranchir des problèmes structurels résultant du lourd héritage colonial et de reconsidérer les politiques nationales et régionales, souvent confrontées à la faiblesse des capacités nationales de gestion et des effets négatifs de l’environnement économique mondial, a fait observer Djerad. Soulignant l’importance de «tirer les enseignements» de l’échec des divers programmes de développement et de lutte contre la pauvreté, lancés à l’époque par plusieurs instances régionales et internationales, Djerad a rappelé que cette situation «a conduit les dirigeants des pays africains à l’adoption d’une nouvelle approche de développement, consacrant un rôle pionnier pour l’Afrique dans le cadre d’un partenariat, ouvert et permanent, axé sur les préoccupations et besoins des pays africains».

Et d’ajouter : «Deux décennies après la mise en œuvre du Nepad, en tant que programme de l’UA, l’Algérie, de par sa position de pays fondateur de ce partenariat, relève avec satisfaction les résultats positifs réalisés dans plusieurs domaines». Le Premier ministre a ajouté que parmi les principaux indicateurs de ce progrès «la transformation des programmes -Nepad- en Agence de développement dotée de plus larges prérogatives pour faire face aux défis et mieux appréhender les objectifs de développement, fixés pour le continent». Il a mis en avant, à ce propos, «la profonde conviction» de l’Algérie que la création de cette Agence permettra au contient «d’amorcer une nouvelle ère dans le processus de transformation structurelle des économies». Pour le Premier ministre, le lancement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), l’un des projets phares de l’Agenda 2063, «reflète également la parfaite volonté des Etats africains de renforcer leur intégrité régionale et de créer un marché commun à favorisant l’amélioration de la performance économique du Continent». Affirmant que la célébration du 20e anniversaire du lancement du Nepad était une opportunité propice pour faire le point sur les réalisations accomplies, Djerad a saisi l’occasion pour transmettre aux participants les salutations du Président Tebboune et ses vœux de réussite de cette rencontre.

Mouhouch B. / Ag.