Agriculture intelligente: L’importance de l’apport de l’innovation des femmes entrepreneuses soulignée

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L’innovation chez les femmes entrepreneuses constitue un élément «essentiel» dans la concrétisation de l’agriculture intelligente, nécessaire pour atteindre les objectifs de sécurité alimentaire du pays, a souligné, dimanche à Alger, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdani.

Intervenant à l’occasion d’une rencontre nationale dédiée à la femme et les startups dans le domaine de l’agriculture et du développement rural, Hemdani a estimé que les femmes porteuses de projets contribuent de manière importante dans le développement de l’innovation dans l’agriculture à travers des pratiques rationnelles et adaptées aux défis divers du secteur. Dans ce cadre, le ministre a indiqué que le secteur agricole fait face à plusieurs défis dont ceux de l’augmentation de la production et de la productivité des ressources et leur transformation en produits alimentaires tout en préservant l’environnement, expliquant que «cela ne peut pas se faire à travers l’unique activité traditionnelle». À la veille de la célébration de la Journée mondiale de la Femme, Hemdani a tenu à affirmer que «la femme rurale représente l’un des édifices principaux en terme de développement agricole, notamment en ce qui concerne la préservation des ressources naturelles, la protection du patrimoine culturel et matériel et la concrétisation de la sécurité alimentaire». De plus, a-t-il dit, la femme a intégré les différents secteurs d’investissement, notant que le secteur agricole, par exemple, attire de plus en plus d’agricultrices, d’entrepreneuses et porteuses de startups dans le but d’investir dans le domaine agricole et rural.

La femme rurale représente 64% des projets féminins financés Pour sa part, la ministre de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaoutar Krikou, a fait savoir que son département ministériel travaille en coordination continue avec les différents secteurs dans l’objectif de promouvoir la place de la femme au sein de la société. «Nous allons poursuivre le travail de coordination avec le ministère de l’Agriculture pour promouvoir la place de la femme rurale dans le cadre de la concrétisation du programme national du secteur afin d’encourager la femme rurale et la femme au foyer à contribuer au développement de l’économie nationale», a-t-elle assuré. En outre, Mme Krikou a souligné que «la femme rurale a réalisé de grands progrès, parvenant à représenter 64% des femmes ayant bénéficié des financements de l’Agence nationale de gestion du Micro-crédit (ANGEM)». De son côté, le ministre délégué chargé des Startups et de l’Economie de la connaissance, Yacine Oualid, a fait observer que l’agriculture constitue un secteur d’innovation «par excellence», notamment dans le but de hisser la production et l’investissement tout en améliorant la productivité et le rendement de production, notamment dans le Sud. Oualid a ainsi rappelé que son département soutient les startups, y compris dans le secteur agricole, à travers l’adaptation des textes réglementaires et la création d’un fonds d’investissement dédié au financement de ce type d’entreprises outre l’inauguration récente d’un accélérateur de startups à Alger. Présent à cette rencontre, le ministre délégué chargé de la micro-entreprise, Nassim Diafat, a souligné l’importance du secteur agricole en termes d’entreprenariat. Il a fait savoir que l’Agence nationale d’appui au développement de l’entreprenariat (ANADE) compte «des dizaines de milliers» d’entreprises opérant dans l’agriculture et le développement rural. De plus, Diafat a affirmé que près de 80% des financements de l’ANADE sont octroyés au secteur agricole à travers l’ensemble de ses filières. Par ailleurs, les quatre ministres ont visité plusieurs stands de startups dans le secteur agricole, lancées par des femmes venues de différentes wilayas du pays, exerçant notamment dans l’élevage d’escargots (Tlemcen), la production d’engrais naturels (Tizi-Ouzou), l’exploitation de la figue de Barbarie (Skikda) et la culture hors sol de fourrage et d’orge (Souk Ahras).

Cinq femmes porteuses de projets innovants distinguées Cinq femmes porteuses de projets innovants et une coopérative féminine, toutes opérant dans le domaine de l’agriculture, ont été honorées, dimanche à Alger, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la femme coïncidant avec le 8 mars de chaque année. Lors d’une cérémonie organisée au siège de la Chambre nationale d’agriculture (CNA), les ministres de l’Agriculture, Abdelhamid Hemdani, de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaoutar Krikou, et les ministres délégués auprès du Premier ministre chargés de l’Economie du savoir et des Start-up, Yacine El-Mahdi Oualid, et celui des Micro-entreprises, Nassim Diafat, ont honoré cinq femmes porteuses de projets innovants ainsi que les représentantes d’une coopérative féminine, exerçant toutes dans le domaine de l’agriculture. Ces femmes ont relevé le défi d’investir un domaine, autrefois considéré comme l’apanage des hommes en ayant des idées innovantes qui leur permettront de s’«épanouir et de briser certains tabous qui freinaient l’élan de la femme dans le domaine de l’entrepreneuriat», se sont-elles accordées à dire. Ainsi, Imène Zeghdani, 28 ans, de la commune de Dera dans la wilaya de Souk Ahras, a lancé son projet de culture d’orge verte hydroponique (cultivée sans le support d’un sol, avec des solutions nutritives renouvelées), une technique récente «peu coûteuse, rapide et surtout à grand rendement». La jeune entrepreneuse a optimisé son unité de production en l’exploitant, en plus, pour la culture de champignons et de fruits et légumes Bio grâce à la même technique. Cette licenciée en biologie et physiologie des plantes ambitionne de réaliser une extension de son projet qui lui permettra de «satisfaire les besoins de toute la wilaya et même plus», a-t-elle espéré en ajoutant son souhait d’exporter ses légumes et fruits bio ainsi que les différentes variétés de champignons qu’elle produit. Pour sa part, Kenza Benseddik, 29 ans, a mis à profit sa formation en gestion et s’est associée à un docteur en agronomie afin de lancer une start-up spécialisée dans la production d’engrais organiques à base de dattes déclassées et d’algues marines qui en font des produits Bio. Cette entrepreneuse de Tizi-Ouzou a investit un domaine dans lequel «certains agriculteurs n’acceptent pas que la femme s’implique», a-t-elle souligné aspirant étendre son activité afin de multiplier sa capacité de production par dix en atteignant les 20 t/j. De son côté, Kahlaoui Ouahiba, 33 ans, titulaire d’un master en génie des procédés (spécialité chimie), a fait de son mari son associé pour se lancer dans l’exploitation du Caroube avec l’exportation des graines et la transformation de l’écorce du fruit pour fabriquer du miel, de la farine ou encore du jus ou de l’encens. L’unité de production de l’entreprise, implantée dans la maison familiale sise dans la localité de Salah Bey, au sud de Sétif, qui a démarré son activité il y a 6 mois, vise l’exploitation des graines de Caroube pour produire de la gélatine végétale et pour obtenir un substitue au Cacao utilisé pour faire du chocolat. Etendant, ainsi, les activités de son entreprise qui est déjà dans l’extraction des huiles végétales dans les produits de la forêt. La figue de Barbarie est valorisée à 100% par les membres de la coopérative féminine «Green Lady» de la zone humide Guerbes Senhadja (Skikda) qui, selon l’une d’entre elles, permet d’obtenir l’huile des graines, le tourteau (résidus des graines), le jus concentré et normal et le vinaigre, utilisés dans la cosmétique. Il ne manque que la signature de l’agrément pour entamer l’exportation. La fondatrice de la start-up labélisée «Curing Solution», Amel Moumen, (26 ans), a pensé aux habitants des zones rurales en développant l’application «Dawini» qui regroupe, jusqu’à présent, 300 médecins à travers près de 15 wilayas afin de mettre en relation des patients avec les professionnels de la santé pour assurer des consultations à domicile ou encore des téléconsultations. Rafaa Metahri, 24 ans, s’est, quant à elle, inspirée de son mémoire de master en génétique, obtenu de l’université de Tlemcen, pour se lancer dans l’héliciculture (élevage d’escargots), avec l’objectif de parvenir à extraire la bave d’escargots. En attendant, elle exporte vers la Tunisie ses gastéropodes vivants, produits de l’élevage.

Synthèses Ahmed Itchiran / Ag.

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