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mardi, juillet 5, 2022
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Alger: Le « thé de Timimoun » envahit les quartiers d’Alger et gagne en notoriété durant le mois sacré de Ramadhan

Le thé du Sud, communément appelé « thé de Timimoun »,  a envahi tous les quartiers d’Alger, et même les plus huppés de la  capitale, mais aussi les espaces de divertissement et de loisirs où les vendeurs, généralement originaires du Sud, s’adonnent à ce commerce très  florissant, particulièrement pendant le mois de Ramadan.

En plus des marchands ambulants, munis de théières et d’un réchaud à  braise, des commerces spécialement aménagés ont été ouverts dans tous les  quartiers. Désormais même les cafés ont des espaces carrément dédiés à ce  breuvage dégusté avec des fruits secs et des gâteaux orientaux.  Des jeunes venus de différentes wilayas du Sud pratiquent cette activité  dans des locaux, ouverts à cet effet, ou en se déplaçant à pied avec de  grandes théières en cuivre, invitant à la criée « thé de Timimoun », « thé  sahraoui, ou « thé tergui », les clients à siroter un thé moyennant 25 à 30  DA.  Avec le mois sacré de Ramadan, le nombre de ces vendeurs a fortement  augmenté. Si certains vendeurs sont ambulants, d’autres ont opté pour la  location de locaux décorés en « kheima » (tente). Certains vendeurs ont  simplement loué des espaces à l’intérieur même des cafés, comme nous  l’avons   constaté  dans plusieurs communes de la capitale à l’instar de Bâb El  Oued, Bab Ezzouar, Kouba, Réghaia, Mohammadia et au niveau des aires de  loisirs comme la Sablette sur le littoral algérois et du Palais des   expositions (SAFEX) , Ain Benian , Port d’El Djamila  , Staoueli etc …

Le thé au lieu du café le matin, nouvelle habitude pour beaucoup  d’Algérois

Abderrahmane Beklani, âgé de 46 ans, est l’un de ces fameux et plus  anciens vendeurs ambulants de thé au cœur d’Alger. Il pratique cette  activité depuis 2005. Selon lui, sa clientèle est composée habituellement  de commerçants et des travailleurs des administrations publiques et des  transports qu’il sert tous les jours en parcourant l’axe Bab El Oued  Hassiba Ben Bouali à Alger-centre. Abderrahmane, qui réside à Oued Koreich,  entame sa journée à 04h00 du matin, en préparant sur la braise son thé, à  base de menthe verte, mais aussi sèche ramenée spécialement de Timimoun.  Une fois les deux théières d’un volume de 10 L chacune, bien remplies, le  vendeur ambulant, vêtu de son tablier blanc, entame sa journée de travail à  pied, le point de départ étant la place des Trois horloges à Bab El Oued,  ensuite le quartier du Colonel Lotfi ,puis la Place des martyrs. Le vendeur  rebrousse chemin ensuite pour remplir de nouveau ses 02 théières et  reprendre son parcours avec les commerçants du marché Bouzrina et la Place  Emir Abdelkader. Des haltes où il retrouve sa fidèle clientèle. Il affirme  avec une note de fierté avoir contribué au changement des habitudes de  centaines d’Algérois qui, désormais, prennent du thé au lieu du café le  matin. Avec le mois sacré de Ramadan, Abderahmane a adapté « ses horaires de  travail » en entamant, à la demande de ses clients, la vente de son thé  quelques minutes avant la rupture du jeûne pour poursuivre son activité  après El Iftar. Tout au long de la soirée, il sillonne à pieds les ruelles  de la capitale pour un gain qui avoisine les 2000 DA par jour.

L’augmentation de la demande est palpable à travers le grand nombre des  tentes déployées dans la plupart des quartiers de la capitale notamment au  niveau du Palais des expositions et de la Sablette ainsi qu’à l’intérieur  de certains centres commerciaux. Des tentes où une grande variété de thé est  à la carte. Abdesslam, propriétaire d’une « kheima » à la Grande Poste dit  proposer plus de 10 variétés dont des thés « aux vertus thérapeutiques »  comme pour le colon irritable…..vérité ou simple argument de vente, la  question reste posée. Le même vendeur se vante même que parmi les nouveautés ayant un succès  auprès des candidats aux examens, un thé qui favorise la concentration,  expliquant que ce produit originaire de chine se prépare de la même manière  que le thé Sahraoui, un procédé que tous les vendeurs gardent jalousement  comme « secret professionnel ».

Des « kheimas » transformées en restaurants de spécialités sahraouies

Proposant le thé avec des fruits secs et des gâteaux, ces tentes attirent  beaucoup de familles en quête de détente et de dépaysement. Boire du thé en écoutant de la musique sahraouie et prendre des photos souvenir dans un décor typiquement sahraoui, où parfois même des chameaux complètent le tableau, est une formule plus qu’attrayante.  Un peu plus cher que ceux des vendeurs ambulants, les thé vendus dans les  « kheimas » oscillent entre 50 DA à 150 DA, voire même 200 DA pour un thé à  la gelée royale, d’après le propriétaire d’une tente à la Sablette,  originaire de la ville El Menia. Devant cette prolifération des tentes à thé, certains propriétaires ont  préféré diversifier leur activité en proposant non seulement du thé mais  aussi plusieurs plats sahraouis comme le couscous d’El Menia et de Béchar,  les « Mehajeb » et la « Dobara » de Biskra ainsi que le « Zfiti », célèbre  spécialité culinaire de la wilaya de M’sila, pour des prix allant de 500 DA  à 1000 DA. Devant cette engouement pour le « thé sahraoui », bon nombre de  propriétaires de cafés à Alger dédient un coin de leur local à la vente du  thé. Ces espaces sont généralement loués à des prix excessifs pouvant  atteindre 30.000 DA/mois, nous confie Mohamed, originaire d’Adrar, lui même  locataire d’un espace ne dépassant pas les 5 m2 dans un café connu de Bab  El Oued.  Mieux, des annonces pour le recrutement de « spécialistes » en la  préparation de ce thé sont affichées sur les devantures des cafés, postées  sur des sites électroniques et publiés dans les journaux. Le succès est tel, que ces « experts » sont très sollicités lors des  cérémonies des fêtes de mariages. D’ailleurs, Bachir (27 ans) étudiant à  l’université d’Alger et originaire de Timimoun s’est spécialisé dans la  préparation du thé lors des fêtes de mariages et autres occasions. Ses tarifs diffèrent selon la demande. De 3.000 DA à 5.000 DA pour  préparer et servir le thé et 30.000 DA lorsqu’il est sollicité pour ramener  un décor du Sud, à savoir une tente et des ustensiles de la région.  Cette activité est plus rentable durant la période estivale notamment  sur les plages et durant les fêtes de mariage, selon  Bachir qui indique  que plus de 30 jeunes du Sud l’exercent dans la région d’Alger ouest.

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