Algérie-UE : Des relations fortes, un partenariat solide

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L’Algérie et l’Union européenne (UE) sont des « partenaires naturels » en matière de sécurité et de lutte antiterroriste, a affirmé lundi à Alger, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne, Mme Federica Mogherini.

« L’Algérie et l’Union européenne sont des partenaires naturels dans le dialogue de Haut niveau sur la sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme », a déclaré à la presse Mme Mogherini, à son arrivée à Alger, dans le cadre de la 2éme session de ce dialogue, qu’elle co-préside avec le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Rappelant qu’il s’agit, pour elle, de la 3éme visite qu’elle effectue en Algérie durant son mandat, la Haute représentante de l’UE a ajouté qu’elle abordera avec M. Messahel « beaucoup de thèmes de priorité commune », citant la Lybie, le Sahel ainsi que la coopération bilatérale dans les domaines économique, scientifique et énergétique. « Je m’attends à une rencontre d’échanges d’analyses, mais aussi à décider des actions communes dans ces secteurs », a-t-elle poursuivi, notant que la conférence sur la Lybie, prévue lundi et mardi à Palerme en Italie, est « une opportunité pour coordonner les activités et les actions entre les deux parties ». Lors de sa visite en Algérie, la responsable de l’UE a co-présidé avec M. Messahel les travaux de ce Dialogue, lancé en octobre 2017 à Bruxelles. Les deux parties ont poursuivi également leurs échanges sur les menaces terroristes et leurs connexions avec le crime organisé transfrontalier et examineront les voies et moyens d’approfondir leur coopération dans ce domaine et procèderont également à un échange sur l’évolution récente des questions régionales et internationales d’intérêt commun. Cette visite a été, en outre, une opportunité pour les deux parties d’examiner l’état et les perspectives de leurs relations bilatérales denses et globales régies par l’Accord d’association en vue de les renforcer davantage dans l’intérêt mutuel face aux défis communs de sécurité et de développement dans la région. Ces relations ont enregistré, par ailleurs, une évolution qualitative à la faveur de l’adoption des Priorités Communes de Partenariat au titre la Politique Européenne de Voisinage rénovée. La venue de la Haute Représentante de l’UE, qui fait suite aux visites récentes en Algérie de la Chancelière Allemande, du Président du Conseil italien et du Chef de la diplomatie espagnole ainsi que de la visite effectuée par le ministre des Affaires étrangères à Paris au titre du COMEFA, soulignent la densité et l’étendue des relations algéro-européennes au double plan bilatéral et multilatéral, et la volonté commune de les élever au rang de partenariat stratégique. L’Algérie et l’Union européenne se sont concertées à l’occasion de la tenue à Alger d’une réunion des hauts fonctionnaires en préparation de cette session du dialogue stratégique entre les deux parties sur les questions sécuritaires et la lutte contre le terrorisme. A ce titre, le ministre des Affaires étrangères avait plaidé pour  la nécessité de renforcer le dialogue « franc et ouvert » entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) dans un cadre de partenariat global. M. Messahel avait assuré que la rencontre entre l’Algérie et l’UE a été l’occasion d’expliquer au partenaire européen le contexte ayant contraint le gouvernement algérien à prendre une série de mesures provisoires pour réduire ses importations. Il s’était dit, à ce titre convaincu que cet effort de dialogue aboutira à une meilleure compréhension et prise en charge des préoccupations des deux parties. Evoquant les questions internationales et régionales d’intérêt commun, le ministre des Affaires étrangères avait affirmé que l’Algérie et l’UE partagent les mêmes préoccupations et les mêmes objectifs dans la région: œuvrer pour rétablir la paix et la stabilité dans la région et accompagner les acteurs des processus de paix au Mali et en Libye à concrétiser les objectifs qu’ils se sont fixés. Le chef de la diplomatie algérienne avait estimé, à ce propos, que l’Algérie et l’UE doivent poursuivre leur coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le phénomène de la radicalisation. Réitérant l’attachement de l’Algérie à la coopération énergétique avec l’UE, le ministre avait annoncé également la tenue, en novembre prochain, à Alger de la troisième session du comité sur l’énergie en vue de dynamiser le dialogue de haut niveau en la matière. La volonté existe de part et d’autre. Cette dynamique qui n’a jamais cessé va s’accélérer et nous allons faire en sorte que ce partenariat stratégique, que nous voulons tous, soit bien compris de part et d’autres et bénéfique pour les deux parties, avait-il souligné. La chef de la diplomatie européenne s’était félicitée, de son côté, des avancées enregistrées dans presque tous les domaines du partenariat Algérie-UE, relevant une volonté commune d’approfondir encore cette coopération. « Au cours de l’année dernière, nos échanges et notre dialogue se sont intensifiés, tant sur les questions bilatérales que régionales. Notre partenariat progresse et se consolide, dans un esprit d’ouverture et de franchise qui caractérise les relations entre amis, donc aussi entre l’Union européenne et l’Algérie », avait-elle affirmé. Selon Mogherini, l’UE reste engagée à accompagner les réformes politiques et économiques entreprises par les autorités algériennes. « Nous avons discuté aujourd’hui de la façon la plus efficace possible dont nous pouvons y parvenir, pour les deux parties », avait-elle indiqué. Elle avait précisé, à ce titre, que la réforme du système de gouvernance politique en Algérie reste au cœur  du partenariat et bénéficie de l’appui de l’UE pour sa mise en œuvre, en particulier dans les domaines de la justice et de la démocratie participative. La première responsable de la diplomatie européenne avait, en outre, réaffirmé la volonté de l’UE à ce que les mesures de régulation des échanges commerciaux soient prises dans le respect de l’Accord d’association. Elle avait fait savoir, à ce titre, que l’Algérie et l’UE ont convenu de finaliser leurs discussions à ce propos dans les meilleurs délais. « Les défis sécuritaires ne connaissent pas de frontières et nous sommes décidés à les affronter dans un esprit de coopération, pour le bénéfice de nos citoyens. Nous avons des expériences et des informations à partager, et beaucoup de travail à faire ensemble », avait-elle soutenu, ajoutant que l’Algérie et l’Europe « partagent le même objectif de renforcer la stabilité dans la région, qui est une région partagée, celle de la Méditerranée ».