CAF: Patrice Motsepe, l’homme providentiel ?

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Simple formalité. Le milliardaire sud-africain, Patrice Motsepe, a été élu par acclamation à la tête de la CAF, hier à Rabat, lors de la 43e assemblée générale de l’instance africaine de football. Il était le seul candidat en lice, après que les trois autres prétendants aient préféré se retirer et se ranger derrière le Sud-Africain, comme le leur avait «suggéré» le président de la Fifa Gianni Infantino.

C’est lors de la réunion tenue, il y a une dizaine de jours au Maroc, au terme d’intenses et d’âpres négociations que les différents protagonistes ont signé un pacte adoubant le discret dirigeant sud-africain pas vraiment connu sur la scène internationale. Tellement discret que ce n’est pas lui qui avait annoncé sa candidature. Avant son élection pour succéder au Malgache Ahmad Ahmad, dont le règne a été entaché par plusieurs violations éthiques, dont la «distribution de cadeaux» et le «détournement de fonds», Patrice Motsepe avait juste déclaré : «J’aime le football. Un amour stupide et irresponsable.» On lui reproche d’ailleurs ses connaissances limitées du football africain. Mais il a pu bénéficier du soutien d’une grande Fédération, celle du Nigeria et surtout de celle du président de la Fifa Gianni Infantino dont le rôle a été déterminant, notamment lors de ce qu’on peut appeler désormais «l’accord de Rabat». De là à évoquer l’ingérence de la Fifa dans les affaires africaines, il n’y a qu’un pas que beaucoup d’observateurs ont franchi allègrement. Mais Infantino s’en défend. Pour lui, au contraire, c’est «la célébration de la nouvelle unité africaine». «Le foot est un sport d’équipe. La valeur la plus importante du foot, c’est l’esprit d’équipe», a-t-il ajouté. Pour l’ancien candidat, le Sénégalais Senghor, s’il a accepté la proposition consensuelle de la Fifa, c’est «au nom de l’intérêt supérieur de l’unité du foot africain». Mais qui est au fait le nouveau président de la CAF. Selon le dernier rapport du magazine Forbes, Patrice Motsepe est la dixième plus grosse fortune d’Afrique, la troisième dans son pays. Elle est estimée à 2.5 milliards d’euros. Cet autodidacte de 59 ans «a fait fortune dans l’industrie minière et la finance». Il préside aux destinées du club Mamelodi Sundowns qui est devenu sous son règne l’une des équipes les plus puissantes sur le continent. Le CRB en a fait les frais dernièrement. C’est justement sa réussite dans les affaires qui a incité Infantino et d’autres dirigeants à l’imposer afin de relever les défis auxquels doit faire face la CAF dans les années à venir. Attirer de nouveaux sponsors, le développement économique du football africain sont les principaux chantiers devront être les priorités du nouveau président de la CAF. Un programme dans la continuation de ce qu’avait proposé Infantino pour l’Afrique il y a quelques mois. Certains l’ont jugé utopique. Mais s’il doit être concrétisé un jour, c’est avec des dirigeants intègres, désintéressés qui ont fait leurs preuves ailleurs. Une chose est sûre, Patrice Motsepe n’a pas besoin de la CAF pour s’enrichir. C’est déjà ça de gagné.

Ali Nezlioui