CAN 2019: C’est parti pour un mois de folie…

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C’est parti pour la CAN 2019 avec son lot d’incertitudes, ses excès, ses feuilletons rocambolesques, mais aussi ses envolées techniques et ses ferveurs.

C’est une aventure sportive et humaine où se mêle folklore et passion. Une compétition rafraichissante parfois à la limite du burlesque, mais qui nous tient par son charme et son côté candide qui détonne avec la rigueur et l’austérité des autres continents. Même s’il est vrai, les Africains essaient de plus en plus d’imiter les autres en se rapprochant de leur modus opérandi, oubliant que leurs particularités est dans leur différence. Le monde justement regarde la CAN avec un œil à la fois complaisant et admirateur. Il rêve de cette spontanéité innée chez nous et pardonne l’improvisation qu’elle génère souvent. L’Afrique a les défauts de ses qualités et doit les assumer sans hypocrisie, ni complexe. On ne lui demande pas d’organiser la plus grande compétition au monde, mais juste de nous offrir pendant quatre semaines des moments agréables, joyeuses et de l’ambiance. Peu importe le vainqueur final, l’essentiel est d’assurer le spectacle tout au long du tournoi et apporter du renouveau à défaut d’originalité disparu hélas depuis que le monde est devenu un grand village.La 32e édition qui se présente avec un nouveau concept promet d’être en tout cas,captivante et haletante. Pour la première fois dans l’histoire de la CAN, 24 pays sont conviés à la grande fête du football africain. Certaines sélections comme la Mauritanie et Madagascar se retrouvent pour la première fois à la phase finale. Tout le monde à sa part de rêve qui ne se limite plus désormais aux seules grandes nations du foot. Une démocratisation qui devrait redistribuer les cartes à l’avenir. En attendant, l’heure est à la découverte pour elles. Pour les autres tenues par le résultat, elles sont déjà sous tension. Comme souvent, c’est le Cameroun qui lance les hostilités. Les Lions Indomptables ont fait grève pendant plus de 24 h refusant d’embarquer jeudi à destination de l’Egypte pour une histoire de primes. Finalement, les autorités camerounaises ont réussi à convaincre les joueurs qui se sont envolés hier vers le Caire. Du déjà vu en somme avec les Lions indomptables. Ça fait partie du folklore…Il faut dire que le Cameroun a fait des émules puisque même la sélection du Zimbabwe a menacé de boycotter le match inaugural de la CAN disputé hier contre l’Egypte suite à un conflit financier avec la Fédération. Une menace pas suivi sur le terrain. L’on se demande d’ailleurs si ce n’est pas une manière particulière pour ces équipes de se préparer pour ces joutes. La pression est à son paroxysme et l’indécision est un ingrédient incontournable pour pimenter la compétition. L’on comprend dès lors pourquoi il est tant difficile d’aller chercher le trophée en Afrique, notamment pour les équipes nord-africaines, hormis l’Egypte. Il ne suffit pas de mettre tous les atouts de son côté pour s’assurer la victoire, il est important voire primordial d’y ajouter cette graine de folie, cette insouciance pour y parvenir. C’est pour cette raison que la Coupe d’Afrique des nations est une compétition si particulière. Et c’est pour cette raison qu’on l’adore.

Ali Nezlioui