Coup d’envoi aujourd’hui de la campagne référendaire: La classe politique et la société civile à l’épreuve du terrain

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Les partis politiques et les organisations de la société civile, en campagne pour le référendum sur la révision de la Constitution, seront, à partir d’aujourd’hui, à l’épreuve du terrain à l’occasion du coup d’envoi de cette campagne pour une durée de 22 jours. Celle-ci sera notamment marquée par des actions de sensibilisation sur l’importance de cette consultation populaire, prévue le 1er novembre, et devant jeter les bases d’un «Etat moderne au service du citoyen».

À cet effet, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a fixé les règles de la campagne référendaire, en application de la loi organique relative au régime électoral. Conformément à ces règles, la campagne sera animée par le staff gouvernemental, les partis politiques disposant d’un groupe parlementaire au niveau des deux chambres du Parlement ou de 10 sièges au sein des deux chambres du Parlement, ou des sièges au sein des Assemblées populaires locales dans au moins 25 wilayas. Sont également habilitées à animer la campagne référendaire, les associations nationales jouissant d’une représentation effective au moins au niveau de 25 wilayas et les personnalités politiques.

Pour animer la campagne référendaire, les partis politiques et les associations nationales doivent présenter à l’Anie une demande étayée de documents justificatifs et d’un résumé des axes d’intervention, et ce, dans un délai de 5 jours au moins avant le lancement de la campagne. L’Anie procédera en coordination avec l’Autorité de régulation de l’audio-visuel (ARAV) à la définition du temps de parole réservé aux intervenants dans les médias audiovisuels publics. La campagne référendaire peut être menée, aussi, par voie d’affichage, de distribution de dépliants, de correspondances et de tous les moyens écrits ou électroniques. Les espaces réservés à la publicité sont définis par arrêté du coordinateur du délégué de wilaya de l’Anie, tandis qu’à l’étranger, l’affichage se fait aux sièges des représentations diplomatiques et consulaires. L’opération de sensibilisation et la campagne référendaire, qu’il s’agisse de médias audiovisuels ou par affichage, les moyens écrits ou électroniques sont soumis à une habilitation préalable de l’Anie étant chargée exclusivement de la préparation, l’organisation, la gestion et la supervision des élections et des référendums. À ce titre, «tous les intervenants de la campagne référendaire sont tenus de respecter les dispositions législatives et réglementaires en vigueur». Le président de l’Anie, Mohamed Charfi, a indiqué que la mission de l’organe qu’il préside consistait à «sensibiliser le citoyen quant à l’impératif d’exercer son droit de vote, selon le principe de la démocratie participative, sans pour autant s’immiscer, d‘une façon ou d’une autre, dans son choix». Lors d’une réunion de préparation à la campagne référendaire avec les responsables des médias publics, le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, a insisté sur l’importance accordée à ce rendez-vous, en particulier dans sa phase d’explication et de vulgarisation des articles de la nouvelle Constitution. Le projet de l’amendement de la Constitution, élaboré par un groupe d’experts en droit constitutionnel, sur la base de 5018 propositions d’amendement émanant de différentes franges de la société, de personnalités nationales et de forces politiques, a été adopté le 6 septembre dernier en Conseil des ministres, avant de recevoir l’approbation des deux chambres du Parlement, successivement le 10 et le 12 du même mois. Récemment, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que le projet d’amendement de la Constitution répond aux exigences d’édification d’un Etat moderne et aux aspirations du peuple à l’exercice de la véritable démocratie. Cette révision, a-t-il estimé, constitue une étape cruciale dans le cadre de la concrétisation de mon engagement à parachever la satisfaction des revendications exprimées par le peuple à travers le Hirak populaire béni et authentique, ainsi que des promesses auxquelles je m’étais engagé devant le peuple et que j’ai commencé à réaliser avec une sincère volonté selon une vision stratégique claire qui en appelle au pragmatisme de tout un chacun. Rappelant son engagement devant le peuple d’oeuvrer à l’édification d’une nouvelle Algérie, le président de la République a indiqué que «l’amendement de la Constitution, qui est la Loi fondamentale de l’Etat et le socle indispensable à l’édification d’une nouvelle République, s’inscrit dans le cadre de cette démarche». Afin que ce projet soit «consensuel», il a été soumis à enrichissement et débat à «grande échelle», en permettant à diverses composantes de la société, aux institutions, aux partis politiques et aux acteurs de la société civile d’en discuter «pendant plus de quatre mois, malgré la crise sanitaire induite par l’épidémie du coronavirus dans notre pays et dans le monde», a fait observer le Président Tebboune. Dans ce contexte, M. Tebboune a évoqué sa décision d’organiser la consultation populaire le 1er novembre «en tant que date phare dans l’histoire nationale, source d’inspiration d’enseignements pour la génération de Novembre, qui a pris ses responsabilités envers le peuple en déclenchant une glorieuse Révolution qui a inspiré les peuples et les pays en quête de libération du joug colonial». Et d’ajouter que «la symbolique de cette date confère un caractère particulier au référendum». Pour le président de la République, il sera la clé pour l’édification d’une Algérie attachée à sa ligne novembriste et tournée vers la construction d’un Etat sur des fondements transparents de démocratie, d’état de droit, d’indépendance de la magistrature, de droits et de libertés garanties et de lutte contre la corruption sous toutes ses formes». Le choix de cette date, poursuit le Président, «se veut un message de que le peuple algérien est un et indivisible et que son unité réside dans ses valeurs nationales et religieuses, cristallisées en les positions de la Glorieuse révolution de libération, notamment la Déclaration du 1er Novembre 1954».Un message signifiant à tout un chacun que le peuple algérien a définitivement tranché la question de l’identité et qu’il est déterminé à préserver sa stabilité et à mettre en échec toutes les velléités de semer la zizanie et le doute parmi ses rangs, tout en aspirant à construire un avenir radieux dans le cadre de la paix, de la sécurité et de la stabilité, a-t-il encore souligné. Dans le même ordre d’idées, le Président Tebboune a expliqué que la révision constitutionnelle sera également «un point de départ pour la reconstruction de l’Etat national fondé sur la justice sociale avec un système de gouvernance basé sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs, loin de toute prédominance de l’un sur les autres et de toute autocratie. Un système de gouvernance où règnera la Justice et où seront préservés les droits et libertés». Rappelant en outre que le projet de révision de la loi fondamentale visait «le raffermissement de l’égalité entre citoyens, la protection des droits et libertés et la moralisation de la vie politique et publique et la lutte contre la corruption, sous toutes ses formes», le président de la République a indiqué qu’il s’agit aussi de «la consolidation du rôle du Parlement en matière de contrôle du Gouvernement, l’amélioration de la gouvernance, le renforcement des institutions de gouvernance et la promotion de la démocratie participative». Après avoir réaffirmé, par ailleurs, son attachement «constant à préserver l’harmonie et le consensus et à se référer toujours à la majorité», le président Tebboune a mis en avant «l’intangibilité des fondements de l’identité nationale dans la prochaine Constitution, et que partant, ils ne sauront faire l’objet ni de débat politique ni de polémique». Il a souligné, dans ce sens que le projet «a traité l’ensemble des questions inhérentes, telle que l’acceptation des résultats des législatives qui donneront lieu soit à la désignation d’un chef de gouvernement lorsqu’il résulte de la majorité parlementaire ( ) soit d’un Premier ministre lorsqu’il résulte d’une majorité présidentielle, et qui mettra en œuvre un plan d’action puisé du programme du président de la République, élu par le peuple.

  1. Benslimane