Crise politique : La solution politique « consensuelle » passe par un  dialogue avec des interlocuteurs « crédibles »

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Le parti Talaie El Houriat a tenu, hier une réunion ordinaire de son bureau politique pour examiner la situation politique et institutionnelle du pays, alors que « la Révolution populaire » se poursuit pour le  quatorzième vendredi de manifestation l’échelle de toutes les wilayas.

Dans son communiqué, le parti de Benflis a tenu à renouveler son soutien à cette révolution qui, selon lui « a démenti tous les pronostics de ceux qui ont parié sur son essoufflement en cette période du Ramadhan et sur sa division par la manipulation de ses différentes composantes. » En référence à l’usage de la force contre les manifestants constaté ce vendredi, le parti de Benflis« met en garde les autorités publiques contre la tentation du recours à la force contre la Révolution populaire qui, malgré toutes les provocations, est demeurée foncièrement pacifique depuis le début des marches. »  S’arrêtant sur la crise politique proprement dite, le BP de Talaie El Hourriat exprime son inquiétude du fait de «l’impasse politique générée par la mise en œuvre exclusive de l’article 102 comme solution de sortie de crise. » Pour le parti de Benflis «L’échec consommé de l’élection présidentielle, initialement prévue le 4 juillet, que le peuple a rejetée, considérant ses conditions de déroulement inappropriées et inacceptables, commande, impérieusement, le recours à la voie politico- constitutionnelle. » A ce propos , il préconise « l’ouverture d’un dialogue pour dégager, dans les meilleurs délais, une solution politique consensuelle qui réponde aux aspirations du peuple et évite à notre pays un vide constitutionnel, politique et institutionnel, aux conséquences imprévisibles, au terme du mandat constitutionnel de la présidence de l’Etat, revêt une extrême urgence. » Un dialogue qui présuppose « des interlocuteurs crédibles qui recueillent l’assentiment populaire, un cadre adéquat et un objet clair, pour ne pas s’exposer à la réédition du fiasco du 22 avril 2019, précisément parce que ces conditions n’étaient pas réunies. », estime ce parti d’opposition Qui exige également la mise à l’écart des figures « emblématiques du  régime, encore à la tête des principales institutions de l’Etat, récusées par la Révolution populaire » considérant par ailleurs que « La partie invitante à ce dialogue doit être d’une autorité morale et politique incontestable et irrécusable. » « Le dialogue doit réunir les représentants de la Révolution populaire et de la société civile et ceux des partis et personnalités nationales qui se sont illustrés dans la lutte contre l’ancien régime et ont soutenu la révolution populaire pacifique depuis ses débuts. », ajoute le parti de Benflis. « Un tel dialogue doit, également, viser un plan global de règlement de la crise assurant au pays une continuité institutionnelle transitoire jusqu’à l’élection du prochain Président de la République, avec, notamment, la création d’une instance indépendante pour l’organisation, la supervision et la surveillance de cette élection jusqu’à la proclamation des résultats du scrutin. », insiste t-il. « Enfin, l’objectif final de ce dialogue doit être l’élection du Président de la République dans des conditions qui lui confèrent toute la représentativité, la crédibilité et la légitimité pour mener à bonne fin son mandat qui sera , de toute évidence, le mandat de la transition démocratique véritable à laquelle notre peuple aspire. » est-il souligné dans le communiqué. Dans ce qui semble être une réponse indirecte à Gaid Salah qui s’interrogeait sur l’absence des élites intellectuelles, le parti de Benflis relève , au contraire« avec intérêt, une prolifération d’idées et de propositions émanant de partis politiques, et personnalités nationales, d’académiciens et de chercheurs dans différentes sphères d’activité  en vue de contribuer à la recherche d’une sortie de crise qui réponde aux aspirations du peuple. » A cet égard, aoute t-il « L’Appel pour un règlement consensuel de la crise lancé par Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et Rachid Benyellès s’inscrit clairement dans cette perspective et mérite toute l’attention, eu égard à la qualité morale et au parcours historique et politique de ses auteurs. » Convaincu que l’Armée « a un rôle important à jouer dans ce dialogue pour une sortie de crise, comme accompagnateur et facilitateur et comme garant de la mise en œuvre de la feuille de route qui sera adoptée, par consensus, par les partenaires à ce dialogue. », Talaia El Hourriat veut croire que « que la solution de la crise est à notre portée pour peu que toutes les parties qualifiées soient animées de la volonté politique nécessaire d’éviter à notre pays des dérapages aux conséquences imprévisibles.

N.I