Elections locales: La compétition entre familles de candidats anime la campagne

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La campagne électorale pour les élections locales du 27 novembre connaît une animation notable depuis quelques jours, au niveau des petites communes reculées, contrairement à ce qui est enregistré dans les villes et grandes agglomérations urbaines, et ce, suite à un regain de la concurrence entre les familles des candidats.

Cette campagne pour les élections locales a, en effet, donné lieu à l’émergence d’un nouveau phénomène social qui s’est traduit sur le terrain par le soutien affiché par les familles au candidat de leur région. Des familles qui se sont impliquées activement dans ces élections et qui font campagne dans le but d’obtenir les sympathies et le soutien des électeurs à ceux qui leur sont proches par filiation ou, à un degré moindre, à un mouvement associatif. A noter que la majorité des candidats qui bénéficient de ce type de soutien, se sont présentés à ces élections sur des listes indépendantes et n’ont pas d’affiliations partisanes, ce qui donne l’impression que la compétition est entre les familles et non entre les formations politiques. Lors d’une tournée, dans un nombre de communes reculées  de la wilaya de Boumerdès, telles que Afir, Ben Choud, Souk El Had et Amal (extrême Est de la wilaya), il a été observé une dynamique à travers les discussions animées, des citoyens sur le rendez-vous électoral prochain, en particulier dans les cafés, les artères principales et divers petits quartiers. Nombre de citoyens ont expliqué que cette dynamique et le caractère familial insufflé à la campagne électorale dans ces régions est née de la concurrence qui s’est créée spontanément entre les familles des candidats, impatientes de récolter les fruits de leur implication effective le jour J, vu que la plupart de ces derniers se sont présentés sur des listes. D’autres citoyens ont estimé que cette «tendance» des familles à soutenir les candidats indépendants a été induite par le manque de confiance ressenti, par la majorité d’entre eux, quant aux prétendants aux assemblées locales présentés par des partis politiques. Aussi, les habitants de ces régions misent aujourd’hui sur de nouvelles figures, des proches qui se trouvent être des candidats qu’ils soutiennent et qui sont issus de leurs localités. Cette nouvelle orientation est aussi due au caractère local de cette élection, considérée comme une opportunité de changement par l’élection de nouveaux visages, qui ont fait leurs preuves, par l’implication de la majorité d’entre eux, notamment dans l’action associative et le bénévolat, un atout qui leur permettra de gérer et de suivre les préoccupations des citoyens et a concrétiser leurs attentes en matière de développement, ont relevé d’autres citoyens. La Toile, un moyen privilégié pour booster la campagne A l’opposé de ce qui prévaut dans les petites communes reculées de la wilaya, les animateurs de la campagne électorale dans les villes et grandes communes ont choisi de compenser le manque d’animation ambiant de la campagne constaté depuis son lancement, en recourant à la Toile, notamment le réseau social Facebook, devenu désormais leur moyen privilégié, pour promouvoir leurs programmes et convaincre les électeurs de voter pour eux. De nombreux candidats, des listes partisanes ou indépendantes, ont ainsi investi Facebook, à travers le partage de leurs photos et de vidéos pour se faire connaître et présenter leurs programmes, dans le but de promouvoir leur propre personne, et non les listes dont ils relèvent, comme il se faisait de coutume durant les scrutins précédents. Dans leur quête de la confiance et donc des voix du plus grand nombre d’électeurs, des candidats ont, également, eu recours à l’animation de rencontres de proximité, à travers les artères principales des grandes villes comme Boumerdès, Khemis El Khechna et Boudouaou. Des rencontres directes avec les citoyens, dans les cafés et places publiques sont aussi initiées par les candidats qui mettent également à profit leur passage sur les ondes de la radio locale pour expliquer leurs programmes. Néanmoins, un nombre de candidats à ces élections locales s’est abstenu d’organiser des meetings populaires, en raison du peu d’engouement qu’ils suscitent, se contentant des meetings animés par les chefs des partis, a-t-on constaté. Selon le responsable local de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Salim Zaâtchi, «huit meetings partisans (dont un seul animé par un leader d’un parti politique) et cinq meetings de listes indépendantes, ont été organisés, jusqu’à mercredi passé à Boumerdès, sur un total de 114 rassemblements programmés (62 des partis et 52 des listes indépendantes)». D’autres candidats ont par ailleurs exploité les sites d’affichage mis à leur disposition à l’occasion de cette campagne. Toutefois, des murs d’édifices publics, d’établissements scolaires et autres n’ont pas échappé à l’affichage anarchique. D’ailleurs, 25 dépassements ont été enregistrés dans ce cadre, dont 10 relevant de listes partisanes et 15 de listes indépendantes, selon la même source.

La Toile pour séduire les électeurs Les listes partisanes ou d’indépendants en lice pour les élections locales du 27 novembre courant ont intensifié leur campagne électorale virtuelle, parallèlement à leurs autres activités sur le terrain pour tenter de séduire les électeurs et gagner leur confiance. Beaucoup de candidats en lice pour les assemblées populaires communales et de wilaya se font connaitre ainsi que leurs programmes sur les réseaux sociaux, notamment Facebook qui attire le plus grand nombre d’utilisateurs comparativement à Instagram et Twitter, devenant une scène de bataille virtuelle entre les candidats.

Cette campagne virtuelle a démarré dès l’acceptation des dossiers de candidatures par la présentation de leurs formations politiques respectives engagées dans cette compétition électorale ainsi que leurs idées et programmes de manière à conquérir la confiance du citoyen. Si le début de la campagne électorale dans la wilaya de Constantine a été marquée par «peu de meetings» partisans et d’activités de proximité, il en était autrement sur la Toile, où les pages des candidats des divers partis ont connu une intense activité multipliant affiches et vidéos pour exposer leurs parcours professionnels et leurs compétences.

Un impératif imposé par l’évolution technologique Sur ces réseaux sociaux, de nombreux candidats ont publié leurs photos avec leurs numéros sur les listes électorales pour exprimer leur sérieux, leur rigueur et mettre en valeur leur personnalité. Ils diffusent également sur leurs pages leurs activités de proximité et mettent en avant leurs programmes et les idées qu’ils portent pour leurs collectivités locales respectives.  «Cette utilisation par les candidats des réseaux sociaux constitue un impératif imposé par l’évolution technologique et leur large usage par les jeunes», a affirmé à l’APS, le Dr Toufik El Amri, chef du département de communication et des relations publiques à la faculté de l’information et de la communication de l’université Salah-Boubnider, de Constantine. Pour cet universitaire, «l’intégration de ces outils dans la bataille électorale comme des moyens nouveaux de l’exercice de la politique constitue une nécessité incontournable pour présenter les candidats, mais ces moyens ne peuvent en tant que tels déterminer les résultats auxquels ils aspirent lors des élections des assemblées locales». Il a également souligné que ce recours à l’espace virtuel a favorisé l’apparition de multiples chaînes de diffusion directe, augmentant la capacité d’influence par la production de contenus transfrontaliers et sans restriction ni contrôle lesquels se s’exercent que très relativement. Le même intervenant assure que la large interaction des candidats avec les internautes ne peut constituer un indice des éventuels résultats du vote, estimant que l’obtention d’une voix ne se fait pas virtuellement mais exige le dépôt d’un bulletin de vote dans l’urne le jour des élections.

Les activités de la campagne électorale classique ou virtuelle constituent une forme de consécration de la démocratie et de diffusion de la conscience politique au sein de la société.

 Ahsene Saaid/Ag.

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