EN A’: Les locaux sur les traces de leurs aînés

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Même si elle ne pourra pas être comptabilisée dans le formidable bilan des Verts, la large victoire de l’équipe nationale des locaux aux dépens du Liberia (5 – 1), montre, si besoin est, l’étendue du potentiel que recèle le football algérien.

Un football sous-coté, marginalisé, martyrisé, mais qui arrive quand même à produire des joueurs de talent. Souvent moqué, dédaigné, ses nombreux détracteurs se démarquent par leur paresse intellectuelle qui les empêche de pousser la réflexion jusqu’aux véritables raisons ayant conduit ce football à la dérive. Pourtant, chaque fois qu’on lui donne l’opportunité et surtout les moyens, il répond présent. La preuve nous a été donnée par la bande de Madjid Bougherra, ce jeudi face à la première équipe du Liberia. Personne ne donnait cher des chances de cette équipe nouvellement formée avec aucune expérience à ce niveau. C’était la première fois que ses joueurs évoluaient ensemble, ça ne les a pas empêchés d’infliger une sévère correction à un adversaire, certes modeste, mais qui vient quand même de battre la sélection libyenne à Tunis. Leur performance est à valoriser, surtout qu’ils souffrent de l’anonymat et du manque de considération en championnat. Madjid Bougherra a su comment les galvaniser et les motiver en ayant comme modèles les joueurs de l’équipe nationale dont une bonne partie est issue justement des clubs locaux.  «Pourquoi eux et pas vous», leur a-t-il répété avant le match. Suffisant pour que les Ammoura, Ghacha et autres Zorgane volent de leurs propres ailes et planent sur la rencontre.  «Je suis agréablement surpris par la prestation de mes capés. Je ne m’attendais pas à une telle copie et un tel score aussi, surtout que nous n’avons travaillé ensemble que l’espace de trois jours. Mais les joueurs se sont montrés réceptifs, ce qui leur a permis de s’illustrer d’entrée. Rien que pour cela, j’insiste à dire que cette victoire est la leur», a confié le coach des A’ à l’issue du match contre le Liberia. A vrai dire, personne ne s’attendait à une performance aussi aboutie en un laps de temps aussi court. D’autant que le groupe est composé dans sa majorité de jeunes joueurs pratiquement inconnus pour le grand public. En leur inculquant le même état d’esprit qui règne chez les A, il va sans dire qu’ils peuvent aller loin. «J’ai insisté pour  qu’ils soient mis dans les mêmes dispositions que leurs aînés de la première sélection. Déjà, ils ont eu cette opportunité d’être les premiers à fouler la pelouse du nouveau stade olympique d’Oran.

Un véritable bijou. Une motivation supplémentaire pour eux qui les a aidés à se transcender». En effet, un joueur comme Amoura s’est fendu d’un quadruplé qui a marqué les esprits. Mais est-ce vraiment un hasard ? Si son équipe, l’ESS, caracole en tête championnat, c’est un peu grâce à son talent et à celui de son coéquipier Ghacha. Les deux attaquants sétifiens possèdent une complicité qui n’est pas sans rappeler celle qui existe en sélection entre Belaïli et Bounedjah. A présent, Djamel Belmadi sait qu’il a un réservoir immense de joueurs capables de prétendre à une place dans le groupe. Certains sont déjà arrivés, d’autres poussent et sont conscients qu’en travaillant davantage, ils auront leurs chances. L’abondance du bien ne nuit pas. En attendant, les locaux auront l’occasion de s’affûter et de gagner en maturité, surtout qu’ils auront des échéances importantes comme la Coupe arabe des nations et le Chan, pour prouver leurs qualités. Tout en espérant décrocher, un jour, un contrat à l’étranger. Il ne faut pas se le cacher, c’est l’un de leurs objectifs primordiaux. Un rêve légitime au demeurant.

Ali Nezlioui