En attendant la proclamation des résultats par l’ANIE: Vers une nouvelle configuration de la gestion des Assemblées locales

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En attendant la proclamation par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) des résultats préliminaires du scrutin des élections locales qui se sont déroulées samedi dernier, l’on s’achemine vers une nouvelle configuration de la gestion des Assemblées locales (APC et APW), notamment à la faveur des amendements qui seront introduits sur le code communal et les larges prérogatives qui seront attribuées aux présidents d’APC.

A cet égard, plusieurs experts et spécialistes en la matière ont mis l’accent sur la nécessité de restituer aux assemblées élues leur pouvoir en leur accordant davantage de prérogatives, en particulier en matière de gestion des dossiers de logement, du foncier et de l’investissement.

Considérant que la conjoncture actuelle que traverse l’Algérie est la résultante de la négligence de la ressource humaine et de l’absence de valeurs ayant ouvert la voie aux mauvais comportements, ils ont estimé que la réforme de ce volet est le socle de la construction de la l’Algérie nouvelle. Ces mêmes experts ont souligné l’importance à accorder au code communal pour garantir la protection de l’élu et assurer un élargissement de ses prérogatives, estimant qu’il appartient d’œuvrer à faire de la commune une institution souveraine exprimant la force et la volonté du peuple. Ceci au moment où le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, n’a eu de cesse d’affirmer que les élections locales constituent la dernière étape pour l’édification d’un Etat moderne avec la participation de tous les enfants du peuple. Il a relevé la nécessité de bâtir un Etat économiquement fort au sein de la démocratie et de la liberté du citoyen, appelant les partis et la société civile à contribuer à la diffusion des valeurs de citoyenneté à travers des élus capables de gérer les affaires des citoyens au niveau local. M. Tebboune a précisé que les APC et APW sont les institutions étatiques de base auxquelles il faut conférer de larges prérogatives, assurant que ces prérogatives devront permettre aux assemblées élues de gérer leurs affaires. Le chef de l’Etat a indiqué qu’il y aura une révision radicale des modes de gestion des collectivités locales au cours de l’année 2022 en révisant les codes communal et de wilaya. Il a souligné que l’organisation de différentes échéances nationales vise la mise en place d’institutions légitimes, saluant à ce propos la régularité des précédentes élections législatives dont la transparence ne peut être remise en cause par quiconque. Dans le même contexte, le chef de l’Etat a indiqué que les prérogatives des communes demeurent liées à leurs moyens matériels et financiers, soulignant «l’importance de durcir le contrôle des dépenses publiques, conformément aux règles générales de gestion». «Revendiquer des prérogatives allant jusqu’à la liberté absolue pour les communes est une chose qui n’arrivera pas, car nous sommes un Etat unifié», a-t-il soutenu. Il faut dire que la nouvelle vision en matière de développement local en Algérie doit se traduire par une approche «multidimensionnelle, cohérente et transparente» intégrant les dimensions économiques et sociales, ont estimé les participants à la dernière rencontre gouvernement-walis. Les participants avaient appelé à mettre en valeur les ressources humaines locales, sans oublier les ressources naturelles et patrimoniales locales, tout en insistant sur la promotion des activités économiques adaptées aux territoires, à travers le soutien aux entreprises économiques productives, créatrices d’emploi et de richesse. Pour cela, ils ont mis en avant la nécessité d’accompagner les collectivités locales à la mise en œuvre des dispositions de la loi organique relative aux lois de finances, laquelle instaure une nouvelle vision en matière de financement du développement local. Les intervenants ont souligné l’impératif pour la wilaya et la commune d’élaborer des plans de développement socio-économique pluriannuels en tenant compte de l’impératif de la valorisation des potentialités locales.  Ils ont proposé aussi de recentrer les projets autour d’objectifs «mieux maîtrisés et clairement affichés», de procéder à la refonte des procédures d’inscription des autorisations programme et de délégation de crédits de paiement à l’indicatif des walis, sous forme de contrats programmes pluriannuels entre le gouvernement et les walis. D’autres propositions ont été émises concernant le volet social qui vise l’amélioration de l’efficacité des programmes et dispositifs sociaux, afin de garantir la stabilité sociale. Il s’agit, dans ce sens, d’assurer l’équité dans l’accès aux services et prestations de base (assainissement, AEP, électricité, gaz, télécommunications, santé, éducation, formation et transport. La consolidation de l’approche participative locale et le renforcement de l’écoute sociale, afin d’impliquer le citoyen dans la détermination des besoins et sa participation à la réussite des actions à mener, figurent aussi parmi les suggestions des participants. Les intervenants ont jugé, par ailleurs, nécessaire d’élargir les prérogatives et responsabilités des walis en matière de gestion des programmes de développement relevant de leurs wilayas, en les dotant des moyens appropriés.

T. Benslimane

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