EN:  Retour à la réalité du quotidien

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 Les clameurs se sont tues, la foule s’est dispersée, la gloire dans le sport ne dure pas longtemps, hélas. Bien que désormais rien ne pourra effacer la deuxième étoile arrachée de haute lutte en terre hostile.

C’est un acquis pour l’éternité, pour la postérité, cousu de fil d’or. Seulement, il faut vite passer à autre chose. La réalité du quotidien nous rattrape et l’on est rapidement happé par les vicissitudes de la vie. Dans quelque temps, l’exploit des Verts au Caire se transformera en un doux souvenir, un songe d’une nuit d’été au cours de laquelle on a aimé une équipe à la folie. Toutefois, cette alchimie mystérieuse, que seul le football à la capacité de transmettre, peut être altérée, érodée par la succession des jours et des nuits ordinaires où il ne se passe pas grand-chose. Les fans dans le sport en général sont réputés pour leur versatilité et leur tendance amnésique, à fortiori lorsque les exploits ne sont pas suivis par d’autres victoires tout aussi retentissantes. Au moindre accroc ou échec tout est remis en cause. L’on demande toujours plus aux sportifs. C’est une destinée à laquelle ils ne peuvent pas échapper. A croire que l’expression, « ne pas dormir sur ses lauriers », a été créée pour eux. C’est peut-être une bonne chose pour se réinventer et aller toujours plus haut. Il n’y a pas de limite pour l’excellence. Il reste qu’il ne faut jamais perdre de vue l’essentiel. Celui qui consiste à doter le sport en général et le football en particulier des meilleurs moyens pour optimiser la performance. Ce sacre, un peu tombé du ciel, il faut l’avouer, ne doit pas occulter les 29 années de traversée de désert au cours desquelles, les Verts ont été plus des faire-valoir que de véritables acteurs à la CAN. Si les Egyptiens nous narguent avec leurs sept titres, c’est pour nous rappeler qu’on n’a pas été tout le temps au rendez-vous sur le plan africain. Justement, c’est une occasion extraordinaire pour nous de faire table-rase du passé et repartir sur de nouvelles bases saines et solides. Surfer sur cette vague du succès pour réhabiliter le football et le sport chez nous. Un secteur sinistré et pris en otage par une bande d’opportunistes et d’incompétents. Car il ne faut pas se leurrer, la victoire de l’équipe nationale à la CAN, ne reflète nullement la réalité de notre football. Elle est juste venue nous rappeler que notre pays est un immense réservoir de talents. Pour peu qu’on se penche sérieusement sur leur sort, nos footballeurs peuvent réaliser des miracles. Combien de générations douées ont été sacrifiées sur l’autel de la course au pognon. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. La consécration à la CAN nous donne l’opportunité de rectifier le tir. A commencer par notre championnat qui a trop souffert de la gabegie et de la corruption. On ne l’a jamais respecté en tant que compétition à part entière et potentiel pourvoyeur des différentes sélections. Pourtant la moitié des joueurs ayant disputé cette CAN sont issus de ce même championnat. Si biaisé et décrié  il arrive quand même à produire des joueurs comme Belaili, Bounedjah, Atal, Bensebaini et autres Boudaoui, imaginez un peu le résultat s’il est valorisé et disputé dans des meilleures conditions. Cela doit nous donner à réfléchir pour que la titre obtenu Caire ne soit pas seulement un exploit sans lendemain.

Ali Nezlioui