Exploitation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques: Un choix stratégique de l’Algérie affirme Guitouni

0
667

Présentant le projet de loi relatif aux activités nucléaires, lors d’une plénière présidée par Mouad Bouchareb, président de l’APN, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni a affirmé, lundi à l’Assemblée populaire nationale (APN), que l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques était « un choix stratégique »  de l’Algérie dans le but de diversifier les ressources énergétiques et garantir l’avenir des générations montantes. Notant à ce propos que l’énergie nucléaire constituait « l’un des choix importants » dont dispose l’Algérie en sus des énergies renouvelables, ajoutant que son exploitation était également « un choix stratégique » pour le pays.  

L’Algérie ambitionne  à travers la création d’un cadre juridique régissant les activités nucléaire, à propulser le secteur de l’Energie et lui permettre d’occuper une place importante dans l’économie nationale pour devenir un acteur majeur dans le  développement socio-économique du pays, a-t-il expliqué. « Soucieuse quant à son avenir énergétique à l’ombre de la demande accrue sur l’énergie, l’Algérie a diversifié ses ressources énergétiques afin de  garantir l’avenir des générations montantes », a ajouté le ministre. La stratégie de l’Algérie en la matière vise essentiellement à la mise en place d’une infrastructure de recherche et de développement technologique accompagnée d’un programme de formation pour acquérir le savoir et  maitriser les applications nucléaires dans les différents domaines socio-économiques tels que la santé, l’agriculture et les ressources en eau.  Pour développer l’énergie en Algérie, un Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a été créé et a pour missions l’élaboration et mise en œuvre la politique nationale de renforcement et de développement des techniques et applications nucléaires ainsi que la création de réacteurs de recherche et de formation, à savoir les centres de Draria à Alger et de Berine à Djelfa, a indiqué M. Guitouni. Rappelant que l’Algérie était  signataire des conventions de coopération sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire avec plusieurs pays et organismes,  particulièrement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). La mise en œuvre du programme d’utilisation de l’énergie nucléaire exige un cadre juridique fixant les conditions des activités nucléaires et des règles de sécurité, a-t-il indiqué, ajoutant que ce cadre juridique se  manifestait dans le projet de loi relatif aux activités nucléaires, un texte de 19 chapitres et comprenant plus de 156 articles. Le projet de loi a pour objectif définir les dispositions applicables aux activités liées aux utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, aux  techniques nucléaires, à la protection des personnes, des biens et de l’environnement des répercussions de la radioactivité nucléaire, a ajouté le ministre. Le projet de loi comprend, selon M. Guitouni, plusieurs chapitres relatifs à « la sécurité et à la protection de la radioactivité ». Ces aspects  couvrent toutes les étapes des activités qui utilisent les matières nucléaires et les sources de radioactivité nucléaire, en se référant aux usages mondialement en vigueur et aux outils juridiques internationaux  auxquels a adhéré l’Algérie. En ce qui concerne le système d’autorisations figurant dans l’un des  chapitres du texte de loi, le ministre a affirmé qu’elles étaient  « obligatoires » pour pouvoir mener les activités liées aux matières nucléaires, lesquelles sont « délivrées, exclusivement, par l’Autorité de  sûreté et de sécurité nucléaire ». Abordant le chapitre des déchets radioactifs, le ministre a précisé  qu’il délimite les responsabilités des utilisateurs-générateurs et des pouvoirs publics dans ce domaine. Il institue, en outre, rappelle le ministre, « un établissement public pour la gestion des déchets  radioactifs ». Le projet de loi reprend, également, selon le ministre, dans son volet relatif aux situations d’urgences, « les pratiques mondiales actualisées quant à l’institution de plan d’urgences national, local (wilaya), interne aux installations et spécifiques au transport ». S’agissant du système d’inspection, le projet de loi a conféré à l’Autorité le pouvoir de contrôler à tout moment et à son initiative toutes les installations nucléaires et celles abritant des matières nucléaires et  des sources de rayonnement ionisants. Les inspections sont conduites par un corps d’inspecteurs créé à cet effet.  Le projet de loi a été élaboré, en concertation avec les secteurs  concernés, à savoir la Défense nationale, les secteurs de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice, de la Santé et des Finances.

Présentation et débat à l’APN du projet de loi relatif aux activités nucléaires

Le projet de texte présenté hier à l’APN a pour objectif d’assurer la protection de la santé  humaine, de l’environnement contre les nuisances potentielles liées à l’utilisation des rayonnements ionisants. Il fixe aussi « les principes de base régissant les installations nucléaires ainsi que l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, la radioprotection, et l’application des garanties de non-prolifération nucléaire reprenant l’ensemble des obligations contenues dans l’accord  signé avec l’AIEA » précise le communiqué. Ledit projet de loi exige, en outre, l’obtention d’une autorisation  préalable avant que toute personne morale ou physique puisse mener une activité mettant en jeu les matières nucléaires et les sources radioactives. Ces autorisations sont délivrées, exclusivement, par  « l’Autorité de sûreté et de sécurité nucléaire ». L’Autorité est habilitée également à contrôler, à tout moment et à son  initiative, toutes les installations nucléaires, en sus d’aider les autorités publiques à mettre en place un système national de protection physique des produits et installations nucléaires. Ce projet de loi prévoit notamment le choix des sites devant abriter ces installations, leurs modes de conception et les mesures à prendre pour leur  mise en service. La présente loi institue un établissement public pour la gestion des  déchets radioactifs, et définit les sanctions pénales liées aux infractions aux dispositions de la législation nucléaire nationale. Selon l’exposé des motifs, ce projet de loi a été promulgué en raison de « l’absence d’un texte de loi régissant les activités nucléaires en Algérie ».

Yasmine Derbal