Il contient de nouvelles mesures pour consolider les fondamentaux économiques: Le PLF 2021 aujourd’hui devant les députés

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Algerie: 02.03.2020 La ministre des Relations avec le parlement, madame Basma AZOUAR lors de la cérémonie de mise en place de la commission du groupe parlementaire d’amitié Algérie-Singapour.

Le projet de loi de finances (PLF) 2021 sera présenté, aujourd’hui, devant les députés de l’APN pour débat et adoption. Avant l’examen par les membres de la commission, la représentante du gouvernement et ministre des Relations avec le Parlement, Besma Azouar, a présenté un exposé sur ce projet, au nom du ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, dans lequel elle a relevé la spécificité du contexte économique et financier marquant l’élaboration de ce texte, et ce, «au vu d’une crise sanitaire extrêmement grave aux retombées imprévisibles sur les opérateurs économiques».

Pour Mme Azouar, la nouvelle loi de finances tend à consolider les fondamentaux économiques en 2021, à travers la reprise graduelle de l’activité et l’allègement de certains dysfonctionnements financiers, outre le soutien permanent des catégories vulnérables à faible revenu. De son côté, le président de la commission des finances et du budget, Ahmed Zeghdar, a insisté sur l’impérative consécration de tous les efforts pour l’élaboration d’une loi de finances répondant aux aspirations du peuple pour l’édification de l’Algérie», rappelant les circonstances que traverse le pays à la lumière des défis imposés par le recul des revenus en devise, d’une part, et la pression de la pandémie mondiale, d’autre part». Soulignant que le PLF 2021 «fait triompher le caractère social de l’Etat», le même intervenant a mis l’accent sur l’importance de l’effort législatif pour «une distribution équitable des richesses et la simplification des mécanismes de leur création et développement, ainsi que l’encouragement des initiatives associant tous les enfants de l’Algérie». Il s’est dit convaincu que «l’économie nationale peut toujours dépasser les risques avec succès et réaliser des résultats positifs», au regard de l’évolution des revenus de la fiscalité ordinaire devant couvrir les dépenses de fonctionnement en toute facilité, loin des rentes pétrolières, et ce, grâce aux mesures prévues dans le projet pour optimiser le recouvrement fiscal et soutenir l’activité de production. Ce projet, ajoute M. Zeghdar, «sera débattu, peaufiné et publié avec un meilleur contenu, dans le sens où il tiendra compte de la vulnérabilité du citoyen en cette conjoncture difficile et établira un équilibre entre les besoins de l’Etat et ses missions qui doivent se poursuivre, quels que soient les sacrifices». Le projet de loi de finances 2021 prévoit une baisse des réserves de change à moins de 47 MDS/USD en 2021, avant une reprise progressive lors des deux années suivantes. Le niveau des réserves de change atteindra 46,84 MDS/USD, soit près de 16,2 mois d’importations de marchandises et de services hors facteurs de production. Cette situation interviendra suite à l’amélioration prévue dans le déficit de la balance des paiements qui devrait atteindre -3,6 MDS en 2021. Néanmoins, le niveau des réserves de change connaîtra une hausse progressive en 2022 (47,53 MDS/USD) et en 2023 (50,02 MDS/USD) grâce à l’excédent prévu pour ces deux années, ajoute le ministre des Finances. Le projet de loi de finances (PLF) propose la clôture de 38 comptes d’affectation spéciale, et ce dans le cadre de la réhabilitation des principes budgétaires publics. Cependant, au fil du temps, ce mécanisme est devenu un outil de financement permanent, ce qui a rendu difficile le contrôle des dépenses publiques. La multiplication des comptes d’affectation spéciale a entraîné une mobilisation inefficace des ressources budgétaires. Pour la période 2021-2023, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait s’établir à 4%, lit-on dans l’exposé du ministre des finances. Concernant la croissance hors hydrocarbures, elle devrait atteindre 2,4% en 2021, 3,37% en 2022 et 3,81% en 2023. Le secteur des hydrocarbures demeurera relativement équilibré en matière de croissance globale, le niveau de la croissance du volume de sa valeur ajoutée s’élèverait à 7,24% entre 2021-2023. Pour l’inflation, le PLF 2021 prévoit «une légère accélération» en 2021 pour atteindre 4,5%, en raison de la baisse de la consommation et des revenus des ménages et des sociétés, suite à l’exécution des instruments de la politique monétaire. Le taux d’inflation atteindra 4,05% en 2022 et 4,72% en 2023, selon les chiffres du ministre des Finances. Selon l’encadrement économique global auquel s’est référé le PLF, le prix référentiel du baril de pétrole devrait se stabiliser autour des 40 USD pour la période 2021-2023 avec la stabilité des cours du marché mais avec un écart de cinq (+5) dollars/baril par rapport au prix du baril devant s’établir à 45 dollars durant la même période. Les recettes pétrolières devront atteindre, durant la période 2021-2023, 23,21 Mds USD en 2021, 28,68 Mds USD en 2022 et 26,45 Mds USD en 2023, sur la base de 45Mds/Usd/baril en tant que prix du marché pour un baril de pétrole brut Sahara Blend durant la période de projection. Concernant l’importation des marchandises, une baisse devrait être enregistrée d’un taux de 14,4% de la valeur courante en 2021 par rapport à la clôture 2020, pour atteindre 28,21 MDS/USD. Les importations devront atteindre 27,39 Mds/USD en 2022 puis 27,01 Mds/USD en 2023 et ce dans le cadre de la rationalisation continue des importations et leur remplacement progressif par le produit local. Selon le PLF 2021, les comptes extérieurs de l’Etat devront atteindre un solde global négatif de -3,60 Mds USD, soit une amélioration ressentie par rapport à 2019 (-16,93 Mds/USD) et à 2020 (-12,3 Mds/USD par rapport à la clôture 2020). Le déficit budgétaire du compte courant devra enregistrer une baisse de -10,6% par rapport au Produit intérieur brut (PIB) à la clôture 2020 puis à -2,7% en 2021. Le déficit connaîtra un taux de -0,6% de PIB durant la période 2021-2023. En revanche, les dépenses budgétaires totales prévues pour la même périodeaugmenteront pour passer de 7372,7 mds de DA dans la LFC 2020, à 8113,3 mds de DA en 2021 (+10%), ensuite à 8 605,5 mds de DA en 2022 (+ 6,07%), puis à 8.680,3 mds de DA en 2023 (+0,9%). Ces prévisions portent sur le budget de fonctionnement qui devra connaître une hausse de 5,1% au cours de la période 2021-2023, pour atteindre 5314,5 mds de DA en 2021 (11,8%), puis 5 358,9 mds de DA en 2022 (0,8%), ensuite 5 505,4 mds de DA en 2023 (+2,7%). Quant aux dépenses d’équipement, elles s’élèveront à 2 798,5 mds de DA en 2021 (+ 6,8%), ensuite à 3246,6 mds de DA en 2022 (+16,01%), pour ensuite baisser à 3174,9 mds de DA en 2023 (- 2,2%), selon les chiffres présentés. Le déficit budgétaire prévu pour l’année 2021 devra augmenter à 13,75% du PIB, contre 10,4% au titre de la LFC 2020 Les membres de la Commission des finances et du budget ont réclamé davantage de mesures pour protéger et sauver les entreprises face aux répercussions négatives de la pandémie de coronavirus sur les différentes activités économiques. Ils ont affirmé que les entreprises économiques «souffrent en silence et plusieurs risquent la faillite», ajoutant qu’on ne peut parler de relance de l’économie en tant qu’objectif stratégique pour l’an prochain, en l’absence d’aides financières urgentes au profit des entreprises affectées. Par ailleurs, un membre de la commission s’est interrogé sur l’utilité des mesures incitatives fiscales et douanières et les avantages contenus dans le PLF 2021 au profit des start-up «si l’ensemble du tissu économique souffre et nécessite une aide». Par ailleurs, les intervenants ont insisté sur l’impérative maîtrise des dépenses budgétaires durant les prochaines années, s’interrogeant sur la méthode de financement du déficit prévu qui se creusera à des taux relativement élevés d’ici fin 2020 et ultérieurement. Certains membres ont rejeté le recours systématique aux augmentations des taxes et impôts et la création de certaines taxes, à l’instar de celle relative au carburant applicable aux frontières pour les véhicules et camions devant quitter le territoire national. Des membres se sont étonnés de la réduction du budget de certains secteurs, comme le Tourisme et l’Agriculture qui, pourtant, occupent une place importante dans le plan gouvernemental visant à trouver des alternatives aux hydrocarbures. Les membres de la commission ont, en outre, insisté sur l’importance d’allouer toutes les ressources financières nécessaires à la prise en charge des zones d’ombre, compte tenu de leur déficit en infrastructures. Certains membres se sont interrogés sur les raisons de la hausse de l’inflation enregistrée actuellement et prévue pour les années à venir et sur les moyens de la contrôler pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et des catégories précaires. Concernant les fonds spéciaux, les membres de la commission ont salué la fermeture de 38 comptes d’affectation spéciale dans le cadre du projet de loi de finances pour l’exercice 2021, mais ont demandé davantage de précisions sur la manière dont cela a été fait et sur le sort des fonds qui s’y trouvaient et des comptes restants.

  1. Benslimane