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dimanche, octobre 17, 2021
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Infrastructures: Gazon maudit !

Chez nous, le problème des pelouses en gazon naturel et leur entretien, notamment, se posent avec acuité depuis toujours. On a fait l’autruche pendant des décennies pour découvrir aujourd’hui, consterné, que l’Algérie ne possède pas un seul stade digne de ce nom capable d’accueillir les Verts dans les meilleures conditions.

Parce que Belmadi, Mahrez et Slimani se sont plaints énergiquement de la mauvaise qualité du terrain de Mustapha-Tchaker, le problème a pris une autre dimension au point où les pouvoirs publics, acculés, se sentent contraints de prendre des mesures pour désamorcer un tant soit peu la crise. Des fusibles ont «sauté», comme c’est souvent le cas dans pareille situation. Des bouc-émissaires, diront certains, mais il fallait bien trouver des responsables pour sacrifier sur l’autel de l’incompétence. Mais est-ce seulement un problème d’incompétence? N’est-il pas lié aussi au manque d’investissement dans ce domaine ? L’un ne peut pas aller sans l’autre. La pose d’une pelouse et surtout son entretien exige un savoir-faire méticuleux, voire chirurgical que l’on ne possède pas chez nous ou peu. Un savoir-faire accumulé à travers une expérience de dizaines d’années que seuls des pays avancés maîtrisent parfaitement. Un métier payé royalement en Europe que chez nous on confie à des jardiniers empiriques sans aucune connaissance ou formation en la matière. Il ne faut pas s’étonner du coup de ne pas avoir des pelouses impeccables dans nos stades.

D’ailleurs, c’est pour cette raison que dans les années 80, les autorités ont opté pour des pelouses synthétiques moins coûteuses capables de supporter la charge. C’était la solution de facilité, même si c’est au détriment de la qualité du jeu. Le problème s’est posé à maintes reprises et toutes les tentatives de semer une bonne pelouse se sont avérées vaines. De nombreuses expériences ont été menées au 5-Juillet, celles-ci n’ont jamais abouti. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que le stade olympique est souvent fermé… pour travaux. Une fois, on a même peint un terrain pelé en vert pour faire croire que c’est du gazon. Autre anecdote, une fois on a demandé à Moussa Saïb, alors qu’il était l’un des meilleurs joueurs de l’AJ Auxerre et du championnat de France, pourquoi son rendement en club était meilleur qu’avec l’équipe nationale? Il nous a répondu que la qualité du terrain y est pour quelque chose. Evoluer en Europe ou en Afrique, ce n’était pas du tout la même chose, nous a-t-il expliqué. La qualité du gazon joue un grand rôle dans le rendement du joueur. On en est toujours au même point malheureusement. Les années passent sans que l’on trouve une solution durable à ce problème épineux. Maintenant que Belmadi et les joueurs de l’équipe nationale l’ont dénoncé avec insistance, peut-être que les choses vont enfin évoluer. Mais il ne s’agit pas de limoger des responsables, il faut plutôt s’investir pleinement humainement et matériellement, quitte à aller chercher les meilleurs «jardiniers» européens. Reste à savoir s’il y a la volonté politique pour accompagner cet investissement?

Ali Nezlioui  

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