Infrastructures sportives: L’Algérie à la traîne, jusqu’à quand ?

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    Le déficit de l’Algérie en matière d’infrastructures sportives modernes, notamment les stades de football, est criant. Un retard qui s’est accumulé au cours des dernières décennies pendant lesquelles les pouvoirs publics n’ont rien fait pour remédier à cette situation devenue lamentable.

    L’exemple de la capitale, où l’on continue de jouer dans des stades datant de l’ère coloniale, l’illustre parfaitement. Ce domaine n’a pas vraiment bénéficié d’une attention particulière, l’on peut même dire qu’il a été complètement négligé. Car dans ce pays, on a toujours fait dans le sport-politique et jamais l’on s’est occupé concrètement de ce secteur pourtant névralgique. On a ignoré les progrès accomplis et les gros investissements consentis par les autres pays, notamment nos voisins qui nous ont largués dans ce domaine. Les autorités, chez nous, sont d’ailleurs dans le déni, pensant à tort qu’ils ont toujours les meilleures infrastructures au niveau continental. Un discours dépassé par la réalité du terrain. Le patrimoine hérité des années 70 et 80 ne répond plus en effet aux normes internationales actuelles, tombant en désuétude. On n’a d’ailleurs jamais pensé à rénover ou à moderniser nos stades. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nos clubs, notamment leurs catégories jeunes, ont du mal à trouver des terrains pour s’entrainer régulièrement. Ce problème se pose surtout dans la capitale et un degré moindre dans les grandes villes du pays. Dernièrement, même la Ligue de football a dû reporter des matches à Alger, car il n’y avait de stades homologués disponibles pour les programmer.Ce problème, ce sont les étrangers qui en parlent le mieux, notamment ceux qui ont travaillé chez nous. Le coach marocain, badou Zadou, lors de son passage au CRB, a été étonné du manque des stades en Algérie. «Figurez-vous, au CRB, lors des entraînements j’étais parfois contraint de partager le terrain avec l’équipe de l’OMR. On ne pouvait pas disposer du stade du 20-Août comme on le voulait», s’est-il confié à des journalistes. Pour lui, c’est lamentable qu’un club de la dimension du Chabab ne puisse pas avoir ses propres infrastructures. «Par le passé, l’Algérie était citée en exemple pour nous Marocains dans ce domaine, aujourd’hui, il faut dire qu’elle est complètement dépassée. C’est un véritable frein pour le développement du football, chez vous», a-t-il déploré. Un constat amer, mais d’une réalité implacable.Si l’on prend le cas du stade du 5-Juillet, la plus grande enceinte du pays construite après l’indépendance, il a souvent fait l’objet de fermetures de longue durée pour des travaux de réfection de longue durée. Comme c’est le cas actuellement. Voilà l’exemple d’un stade qu’on n’a jamais su gérer. Cette fois, il a fallu que le coach national, Djamel Belmadi tape du poing sur la table, pour que l’on s’en occupe sérieusement. Il veut que l’équipe nationale y soit domiciliée à partir des éliminatoires de la prochaine Coupe du monde, car Belmadi estime à juste titre d’ailleurs, qu’une équipe de la dimension de l’EN ne doit plus recevoir ses hôtes dans un stade aussi exigu que celui de Mustapha-Tchaker. Tout le monde aurait souhaité que les Verts affrontent les Colombiens à Alger dans un match gala au lieu d’aller les jouer à Lille. Même si cela a fait le bonheur de la communauté algérienne établie en France. Gageons enfin qu’avec la réception prochainement des stades de Baraki, d’Oran et de Tizi-Ouzou, le déficit sera quelque peu résorbé. Mais le plus tôt sera le mieux. Car, visiblement, les travaux dans ces nouvelles infrastructures s’éternisent. Comme quoi…

    Ali Nezlioui

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