Littérature: L’usage de la langue française par l’écrivain martyr Mouloud Feraoun, un moyen de résistance

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L’usage de la langue française par l’écrivain chahid Mouloud Feraoun (1913-1962) «n’était pas un choix, mais une obligation et un excellent moyen de résistance et d’affirmation de soi», a affirmé, jeudi, une enseignante de l’université 20-Août-1955 de Skikda lors d’un séminaire en ligne dédié aux écrivains martyrs de la Guerre de Libération nationale organisé par l’université Chadli-Bendjedid d’El Tarf.»

L’écriture dans la langue française chez l’auteur du Fils du pauvre lui a permis de contribuer, à sa manière, dans la lutte anticoloniale et à poursuivre un combat sans merci jusqu’à son assassinat par l’OAS, le 15 mars 1962», a précisé Yamina Benachour lors du séminaire tenu dans le cadre de la commémoration annuelle, le 18 février, de la Journée nationale du chahid. Relevant que cette date constitue une halte pour se remémorer les sacrifices des femmes et hommes de lettres engagés, l’universitaire a ajouté que Mouloud Feraoun «a su, par la plume et le choix des mots, jouer un rôle capital dans l’éveil de la conscience du peuple et sa sensibilisation vis-à-vis de la lutte armée». Evoquant cette dialectique de l’encre et du sang, l’universitaire Yamina Benachour a signalé que les écrits des nombreux écrivains martyrs, dont Mouloud Feraoun, constitueront à jamais «l’empreinte indélébile traduisant cette lutte farouche menée durant la longue nuit coloniale». L’intervenante a également cité les «remarquables» contributions des écrivains algériens engagés dont Mohamed Dib, Kateb Yacine et Mouloud Mammeri dont les écrits continuent, à ce jour, à fasciner le lecteur.  «S’intéressant à la vie des siens, leurs traditions et leurs coutumes ainsi qu’aux grands sacrifices des paysans, les écrivains martyrs ont pu exprimer avec précision la marginalisation et le malaise vécu par un peuple assoiffé de liberté». Plusieurs thématiques traitant des contributions de nombreux autres écrivains martyrs ont été développés durant cette rencontre en ligne, organisée à l’initiative du laboratoire du patrimoine et études linguistiques de l’université Chadli- Bendjedid, en étroite collaboration avec, entre autres, la Maison de la culture, le musée d’El Tarf et le centre islamique, a précisé le directeur du laboratoire, Abdellatif Heni. Rappelant l’importance de ces rencontres-débats consacrés à cette période déterminante du pays, M. Heni a indiqué que les participants à ce séminaire en ligne ont saisi cette opportunité pour débattre des importantes contributions des auteurs martyrs constituant ce panorama littéraire et leur rôle déterminant dans la mobilisation du peuple et sa participation à la lutte armée pour le recouvrement de l’indépendance.

  1. Toumi / Ag.