Lutte antituberculeuse: L’Algérie «une référence» dans le continent africain

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Le Coordonnateur résident de l’Onu en Algérie, Eric Overvest, a déclaré, hier, que l’Algérie était en bonne voie dans la lutte contre la tuberculose, ce qui lui permettra de devenir «une référence» dans le continent africain.

Intervenant lors d’une journée d’études sur la tuberculose, organisée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre cette maladie, célébrée le 24 mars, M. Overvest a souligné que «l’Algérie, qui a introduit la vaccination antituberculeuse (BCG) en 1969, est pleinement engagée dans l’application de la stratégie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ce domaine, ce qui lui permettra d’éradiquer totalement la maladie pour devenir «une référence» dans le continent africain. Relevant que la situation particulière marquée par la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus «ne devrait pas constituer un obstacle à la prise en charge de la tuberculose», il a mis en avant l’impératif d’intensifier les efforts de dépistage et de réaliser les objectifs de développements durable de l’ONU dans le domaine sanitaire. Il a salué, dans ce sens, «les efforts de l’Algérie dans la prise en charge des patients tuberculeux depuis l’indépendance et son attachement à réduire le taux de prévalence». M. Overvest a estimé que la situation pandémique actuelle liée à la propagation du nouveau coronavirus constitue «une occasion précieuse pour valoriser le progrès réalisé», et renforcer les campagnes de sensibilisation visant à mettre fin à cette maladie, qui continue à faucher des vies à travers le monde. Le représentant de l’OMS, Nguessan Bla François, a évoqué, quant à lui, la situation épidémiologique liée à la tuberculose en Afrique, faisant état de plus de 2 millions de cas, soit 25% des maladies graves répandues dans le monde, précisant que trop de personnes tombent dans la pauvreté après avoir contracté la tuberculose à cause des pertes de revenus, des coûts liés à la maladie et aux frais de transport et autres dépenses à supporter. Pour le Dr Nguessan, les efforts de l’OMS dans la région restent «en deçà du niveau requis» au vu des objectifs tracés pour l’année 2020, soulignant la persistance de certaines entraves en Afrique où «seulement 56% des personnes atteintes de tuberculose sont sous traitement et les budgets affectés à la lutte antituberculeuse très largement sous-financés», a-t-il expliqué.

Le ministère de la Santé mise sur une réduction de 25% du taux de prévalence d’ici 2024 Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, hier à Alger, que le Plan stratégique national de lutte contre la tuberculose 2020-2024 vise, entre autres objectifs, la réduction de 25% du taux de prévalence de cette maladie à l’horizon 2024.Dans une allocution, lue en son nom par le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé chargé de la Réforme hospitalière, Smaïl Mesbah, lors d’une journée d’études sur la tuberculose organisée à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maladie, le ministre a souligné que le Plan stratégique national de lutte contre la tuberculose 2020-2024 vise essentiellement «la réduction du taux de prévalence de cette maladie de 25% à l’horizon 2024 et son éradication définitive à l’horizon 2035», faisant état de la mise à jour prochainement du guide national de prise en charge de la tuberculose. «Le renforcement des capacités techniques et administratives du programme national de lutte contre la tuberculose à tous les niveaux, l’amélioration du diagnostic, le soutien du système de contrôle et de suivi et la consolidation de la recherche opérationnelle» sont également d’autres objectifs de ce Plan, a-t-il précisé. Soulignant la détermination des Pouvoirs publics à «éradiquer cette maladie à travers l’encouragement des actions visant l’amélioration de la prise en charge de cette maladie», le ministre a soutenu qu’«il s’agit là d’un engagement ferme de l’Etat et d’une priorité principale pour le ministère de la Santé». Par ailleurs, il a salué les mesures de vigilance appliquées par les différents partenaires lors de la pandémie Covid-19, appelant l’ensemble des professionnels de la Ssanté chargés de la prise en charge de la tuberculose à davantage de mobilisation et à l’intensification des efforts pour réaliser les objectifs tracés. En 2020, plus de 20 000 nouveaux cas ont été enregistrés, dont 6392 cas de tuberculose pulmonaire. La journée mondiale de lutte contre la tuberculose est une occasion de mobiliser les professionnels de la santé et de sensibiliser aux conséquences désastreuses de cette maladie sur la santé, la société et partant l’économie», a-t-il rappelé. Evoquant l’impact de la pandémie Covid-19 sur la prise en charge sanitaire en général, il a déclaré qu’elle «menace les avancées réalisées durant les deux dernières décennies dans le domaine de la santé et dans le domaine du développement, y compris la lutte contre la tuberculose». La rencontre s’est tenue en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Nguessan Bla François, et du Coordonnateur résident de l’Onu en Algérie, Eric Overvest.

Yasmine D. /Ag.