Marché gazier international: Les exportations algériennes baissent de 21%

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Les exportations de gaz de l’Algérie vers le plus grand importateur de gaz italien, Eni, ont diminué de 21,6% en 2020, par rapport à 2019. C’est un recul causé par la baisse de la consommation en Italie en raison de la pandémie Covid-19, au moment où la société italienne a confirmé le règlement du dossier de corruption de son ancienne succursale, Saipem, en Algérie, en versant 24 millions de dollars à l’autorité de surveillance du marché boursier américain.

Dans le contexte, le rapport sur les résultats financiers pour l’année 2020 de la société italienne Eni indique que les exportations algériennes de Sonatrach de gaz naturel, y compris de GNL, ont atteint 5,22 milliards de mètres cubes. Selon le même rapport, les exportations algériennes en faveur de l’Eni l’an dernier ont diminué de 1,44 milliard de mètres cubes, par rapport aux quantités exportées en 2019, où elles atteignaient 6,66 milliards de mètres cubes. Par rapport à 2018, les exportations algériennes de gaz naturel, y compris les produits pétroliers liquéfiés, pour la société italienne se sont élevées à 6,8 milliards de mètres cubes, où elles se situaient au niveau de 12,02 en 2018. Malgré la baisse des exportations de Sonatrach vers Eni de 21,56% l’an dernier, la société nationale Sonatrach a maintenu sa position de deuxième fournisseur de gaz au géant italien de l’énergie, derrière la Russie, qui a atteint un chiffre d’affaires de 22,49 milliards de mètres cubes, en baisse de 7,7% par rapport à l’année dernière (-1,87 milliard de mètres cubes). La Libye est désormais le troisième fournisseur de gaz de l’Eni en 2020, avec des quantités s’élevant à 4,4 milliards de mètres cubes, soit une baisse de 21,6% par rapport à 2019 (-1,42 milliard de mètres cubes).

Eni confirme le règlement du dossier de corruption Saipem en Algérie Dans un autre contexte, le rapport sur les résultats financiers pour l’année 2020 de la société italienne Eni, qui a été rapporté en 488 pages, a révélé que le ministère américain de la Justice a mis fin à ses enquêtes sur le US Anti-corruption Act (FCPA) dans le cadre des activités de son ancienne succursale Saipem en Algérie, et cela a été annoncé et notifié le 1er octobre 2019. En conséquence, ajoute le rapport, la société Eni a conclu, en avril 2020, un accord qui ne nécessite pas l’acceptation de la responsabilité de l’enquête menée par l’autorité de surveillance du marché boursier américain sur les activités algériennes de l’ancienne filiale Saipam. Tout en soulignant que l’accord prévoit le versement de 19,75 millions de dollars (effectué en avril 2020), qui représente la part d’Eni des avantages fiscaux obtenus par Saipem, en plus d’un montant représentant les intérêts compensatoires estimés à 4,75 millions de dollars.

Les experts prévoient une forte baisse des exportations en 2025 Entre autres, les observateurs du domaine gazier et pétrolier se sont déjà exprimé sur les exportations de gaz par l’Algérie durant la période 2025-2030, en précisant que les opérations d’exportations se situeront entre 26 et 30 milliards de mètres cubes par an. Les exportations algériennes de gaz ont atteint au premier semestre de l’année 2020, 22 milliards de mètres cubes et sur l’année elle se situeront à environ 45 milliards. La baisse est principalement due à une production stagnante, à une hausse de la consommation intérieure et à un investissement insuffisant.Concernant les réserves de l’Algérie en gaz naturel, le sous-sol algérien renferme actuellement plus 2500 milliards de mètres cubes de gaz, et que la production annuelle de l’Algérie en gaz est de 130 milliards de mètres cubes, dont 95 milliards m3 sont destinés à la consommation interne et à l’exportation, tandis que le reste (35 milliards de mètres cubes) est réinjecté dans les gisements. Pour rappel, l’Algérie a exporté en 2005 64 milliards de mètres cubes de gaz, et  51,4 milliards de mètres cubes en 2018.

  1. W. Benchabane