Mercuriale Les prix des légumes  augmentent de 50 %, les fruits inabordables

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Les prix des fruits et légumes ne cessent de grimper en ce début du mois d’octobre. A Alger les ménages sont sous le choc. En effet, c’est tout le monde qui s’interroge sur le pourquoi de cette flambée qui n’est justifiée a priori par l’approche d’aucune fête.

Au marché de Ain Benian  où l’on s’est rendu hier, les consommateurs ne cessaient pas de lancer des soupirs de dégoût et d’agacement en prenant connaissance prix. «C’est trop, c’est incroyable, c’est fou, etc.», réagissaient les consommateurs en apprenant les prix de tel légume ou tel fruit. «C’est une augmentation de près de 50% qui s’est opérée concernant certains légumes, en l’espace de 10 jours», nous a fait part un citoyen apostrophé par nos soins. «Le prix de la courgette qui faisait hier 120 DA était entre 60 et 70 DA à la fin du mois de septembre», dira notre interlocuteur. «C’est le cas aussi pour les prix de la laitue, la tomate qui faisaient hier respectivement 160 et 130 DA, alors que leur prix était il y a 10 jours de 70 et 60 DA», dira de son côté un autre citoyen. «Une augmentation de cet ordre n’est pas habituelle», se sont accordés à souligner de nombreux consommateurs. Il faut dire par ailleurs que le constat de la flambée a touché aussi de façon inhabituelle les autres légumes, à l’instar du piment et du poivron (100 DA), le concombre (80 DA), les radis et les navets, l’aubergine et la carotte (70 DA), les haricots verts (130 DA), le chou-fleur (130 DA). Le seul légume qui a échappé un peu à cette tendance haussière est la pomme de terre dont le prix variait hier entre 60 et 65 DA. Le prix de la pomme de terre n’a augmenté que de 10 à 15% par rapport au mois de septembre où elle faisait entre 50 et 55 DA. La flambée des prix a touché par ailleurs en ce début du mois d’octobre aussi les prix des fruits. Le raisin, les pommes, poires, le melon étaient tous intouchables. Ils faisaient respectivement hier 320, 550, 350 et 120 DA. Le raisin est pourtant un fruit de saison par excellence. Durant les années précédentes, son prix ne dépassait pas les 100 DA. L’augmentation des prix des fruits, à l’exception du raisin dont la production nationale est tout de même importante en Algérie, n’est pas aussi choquante pour les consommateurs. «L’Algérien a pris maintenant l’habitude de se passer des fruits», a souligné amèrement une maman. Interrogés par nos soins au sujet de cette flambée, de nombreux commerçants ont mentionné que cette augmentation est justifiable. «Ce qui justifie en premier lieu cette flambée est le fait que la plupart des légumes exposés sur les étals sont hors saison. La tomate, le piment, le poivron, les haricots verts sont des produits de la serre», indique-t-on. «Il est tout à fait normal donc que leurs prix soient aussi élevés», note-t-on. «Les prix sont élevés en outre parce que les frais de transport, de la location et des autres charges ont augmenté», ont indiqué d’autres. «Le consommateur doit savoir que ce n’est pas le commerçant qui détermine les prix. Ce sont les fellahs qui sont les seuls maîtres à bord dans cette histoire. Les fruits et légumes sont moins chers quand les fellahs les cèdent à bon prix et ils sont hors de portée quand ces derniers les cèdent à des prix élevés», ont tenu à expliquer d’autres commerçants.

Ali B