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dimanche, août 7, 2022
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Musique: L’Opéra d’Alger à l’heure du gharnati avec Meryem Benallal et Karim Boughazi

Les airs mélodieux et les cadences composées du patrimoine andalou de l’école gharnatie ont retenti mardi soir à Alger, à travers deux concerts distincts, animés par Meryem Benallal et Karim Boughazi, devant un public relativement nombreux.

Accueillis à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih, les artistes Meryem Benallal et Karim Boughazi, ont ravivé la tradition ancestrale tlemcenienne, à travers deux programmes empreints de spiritualité contenant des madih, du hawzi et du âaroubi, rendus à la manière gharnatie, une des écoles de la musique andalouse qui compte également celles du malouf et la sanaâ. Soutenus par l’Orchestre régional de Tlemcen, dirigé d’une main de maître par le violoniste Adil Belkhodja, les deux artistes ont enchanté le public avec un programme festif judicieusement préparé, pour marquer le retour, après près de deux ans de pandémie et de restrictions sanitaires préventives.

Les douze instrumentistes de l’orchestre ont d’abord donné un avant-goût aux spectateurs, interprétant deux poèmes soufis dans le mode Araq, l’inqileb, Bel’hawa qalbi taâllaq, précédé d’un istikhbar dans le même mode, brillamment mené par Arslan Hammas, au Oud, et le Kh’lass, Wallahi law laka ya habibi. Dans une belle tenue traditionnelle, Meriem Benallel est ensuite apparue sous les applaudissements du public, à qui elle a fait part de son «bonheur de le retrouver», après deux ans d’absence. Avec une voix cristalline, la chanteuse a rendu en deux parties, une quinzaine de pièces aux différentes variations modales et rythmiques et aux contenus faits d’éloges et de louanges à Dieu et à son prophète, devant un public conquis. Parmi les pièces rendues dans le mode sika par Meryem Benallal, Ya khaliq el âarch el âadim, Ya taliben rahmat Allah, Ya Rabbi salli wa sellem, Ya kheyre el aname et Lamma bada minka el kaboul, faisant chanter le public qui reprenait les différents refrains dans la joie. La deuxième partie, entonnée dans le mode Araq, a rassemblé une dizaine de pièces, entre hawzi, aroubi et madih qu’elle a interprété avec beaucoup de cœur et de talent. Née en 1987 à Tlemcen, Meryem entame sa carrière solo en 2002 avec un premier opus, Sidi Mohamed Benali, suivi de quatre autres albums, dont un en hommage au grand maître de la musique andalouse, le regretté, Cheikh Redouane Bensari (1914-2002). Usant de sa bonhomie et son professionnalisme, Karim Boughazi dans sa tenue de Cheikh empreinte d’authenticité, a été, à son tour, accueilli avec les applaudissements du public déjà séduit par le ténor, qui a déroulé un répertoire de pièces, aroubi du poète, Mustapha Benbrahim, hawzi du Cheikh Bentriki et une sélection de kh’lass et de medih de Abi Mediène Choâïb. Kahl el aïn em’deble ch’far, Ya chems el maghib, Sallou aâla el hadi, Sidi Mohamed el âalim, El horm ya R’soul Allah et Ech’faâ, figurent parmi les pièces rendu par le chanteur avec une voix présente et étoffée. Comptant à son actif une dizaine de CD et un coffret de quatre autres encore, entièrement dédiés aux différentes Nouba, Karim Boughazi, est sur le point de sortir deux autres opus contenant plusieurs inédits, en plus d’un autre enregistrement en voie d’achèvement, écrit et composé par ses bons soins contenant 10 chansonnettes. Le concert de Meryem Benallal et Karim Boughazi a été organisé par l’Opéra d’Alger, dans le cadre de son programme d’animation des soirées du mois du Ramadan.

R. C. /Ag.

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