Opportunités pour les entreprises algériennes: Sonatrach offre un marché de 15 à 20 milliards de dollars

0
1054

Les entreprises nationales, publiques comme privées sont appelées à saisir  l’opportunité que leur offre la Sonatrach  aujourd’hui à apporter leur contribution pour la concrétisation de la  stratégie de développement  qui vise essentiellement à tirer vers le haut le taux d’intégration nationale à 55% d’ici 2030.

Un marché de 15 à 20 milliards de dollars  est mis à  disposition  des entreprises locales. C’est ce qu’a déclara le PDG de la Sonatrach , Abdelmoumen Ould Kadour, Samedi 9 Septembre,  lors d’une conférence de presse animée à l’issue de l’ouverture officielle de cette journée portant sur les opportunités offertes aux entreprises nationale, organisée à CIC,   à laquelle à pris part les ministres de l’Energie, des finances , de l’intérieur et des collectivités locales, du SG de l’UGTA et du président du FCE. « Notre stratégie se fera avec vous ou sans vous mais il est préférable que  ces opportunités seraient saisies par des nationaux » a-t-il dit.  Dans son allocution d’ouverture, le ministre  de l’Energie  Mustapha Guitouni a appelé les entreprises à répondre à cet appel et participer à ce grand projet dont la finalité est de positionner la Sonatrach au 5 e rond mondiale des sociétés pétrolières.  Le ministre a indiqué que « les pouvoirs publics continueront à encourager Sonagraphe à poursuivre sa politique d’intégration nationale afin de confirmer son rôle de locomotive de l’économie nationale. Cette intégration nationale devra privilégier la fabrication par des sociétés algériennes des équipements industriels des plus simples aux plus complexes qui sont aujourd’hui importés » a-t-il dit  avant d’ajouter que «  Cela permettra de développer le tissu industriel, de créer de l’emploi et de la richesse en Algérie. Sonatrach dispose d’un plan  de charge tellement conséquent que  les entreprises  nationales, publiques comme privées, doivent saisir toutes les opportunités pour sa réalisation. » .   Il a fait savoir que ces journées  rendent possible la rencontre  entre les donneurs d’ordres que sont Sonatrach et ses filiales avec les industriels et investisseurs intéressés par le développement de capacité de production  dans un marché important. Il enchainera en soulignant « Il reste à mettre tout en œuvre pour engager ces entreprises  sur les volets de qualité  et délais, domaine où nous accusons une certaines faiblesse ». Le professionnalisme est le mot d’ordre, a-t-il insisté après avoir dressé un  bilan des réalisations de la compagnie nationale pétrolière. Il a fait savoir , entre autres, que la Sonatrach a enregistré un chiffre d’affaires  moyens annuel à l’export sur les 5 dernières années  de 43,2 milliards de dollars, un chiffre d’affaires global annuel de 4560 milliards de dinars sur la même période. Le volume d’investissement  est estimé à presque 10 milliards de dollars en moyenne par an Alors que la fiscalité moyenne annuelle versée au trésor de l’Etat est de plus de 2550 milliards de dinars. Lors de l’inauguration du salon   qui se tien en parallèle des deux journées d’information, Guitouni a appelé les entreprises à participer pour que le taux d’intégration passe  à plus de 60%. C’est ce qui réduira la facture d’importation.

59 milliards de dollars d’investissements à moyen terme

Le Groupe Sonatrach vise la réalisation  d’investissements en Algérie pour plus de 59 milliards de dollars à moyen  terme, et ce, dans le cadre de sa stratégie 2030 (SH 2030), a indiqué  hier  à Alger un haut responsable du groupe. Intervenant lors d’une conférence portant sur « Le plan à moyen terme de  Sonatrach », organisée dans le cadre des Journées d’information de Sonatrach  sur « les opportunités d’investissements pour les entreprises algériennes »,  le vice-président Stratégie, Planification et Economie auprès de ce groupe  public des hydrocarbures, Farid Ghezali, a précisé qu’à moyen terme, le  groupe prévoit de réaliser des investissements en Algérie pour plus de 59  milliards de dollars dont 45,8 milliards de dollars dans l’exploration et  production, 8,6 milliards de dollars dans le raffinage et pétrochimie et  2,3 milliards de dollars dans le transport par canalisation. Selon lui, il s’agit ainsi d’un objectif « ambitieux » d’autant que « tous  les ingrédients sont réunis pour la bonne marche du plan d’investissement  du groupe ». Il a, à ce titre, énuméré plusieurs facteurs devant permettre à Sonatrach  de réaliser des investissements d’envergure à l’échelle locale, tels la  demande croissante en produits pétroliers et le développement du gaz  naturel non conventionnel en mettant l’accent sur l’énorme potentiel que  recèle l’Algérie en gaz de schiste. Evoquant le volet portant sur la production d’équipements et engineering,  il a tenu à mettre en exergue le soutien gouvernemental dans le contexte de  la politique d’intégration, en signalant que le partenariat est privilégié  pour ceux qui veulent investir dans ce domaine. En conséquence, a-t-il poursuivi, toutes ces données devraient permettre à  Sonatrach de réaliser son plan d’investissement tracé pour le moyen terme. Outre la réalisation des investissements, M. Ghezali est également revenu  sur d’autres grands objectifs stratégiques de Sonatrach à l’horizon 2030.  Il a ainsi signalé l’ambition du groupe de doubler son volume annuel des  découvertes dans le domaine de l’exploration. Il est alors prévu d’augmenter l’exploration frontière, refondre le  processus d’exploration du groupe et passer les découvertes de Sonatrach de  50 à 100 millions de tonnes équivalents pétrole (TEP) par an, comme il est  également prévu de doubler la productivité du groupe en matière de forages. A ce titre, il a précisé que l’objectif est de passer à six (6) puits/an  en développement et à quatre (4) puits/an en exploration. Par ailleurs, il a fait part de la création d’une Direction centrale  Engineering project management au sein de Sonatrach pour contrôler les  coûts et le planning des grands projets du groupe. Concernant les objectifs de Sonatrach en terme de ressources nouvelles, M.  Ghezali a avancé que le groupe vise à atteindre, à l’horizon 2030, un  volume de 20 milliards m3/an de ressources non conventionnelles et de 70  milliards m3/an en 2040. S’agissant des ressources solaires, la compagnie nationale des  hydrocarbures vise à produire 1.300 mégawatts d’électricité à partir de  l’énergie solaire, et ce, à l’effet de couvrir 80% de ses besoins sur site. Abordant le volet commercialisation, le même responsable a fait savoir que  Sonatrach, dans le cadre de sa nouvelle stratégie, visait à vendre 50% de  gaz sur de nouveaux marchés. Faisant le point sur le domaine de la pétrochimie, il a souligné que  l’objectif de Sonatrach, à moyen terme, était de mettre sur pied une  industrie pétrochimique, et ce, en focalisant l’effort sur les projets les  plus créateurs de valeur ajoutée tel le vapocracker d’éthylène/GPL, et en  exécutant le reste du portefeuille de projets tels la Chaîne méthanol et le  Complexe éthyléne. Dans le domaine du raffinage, le groupe s’est fixé l’objectif de réussir  les projets des raffineries de Hassi Messaoud et de Skikda. Pour M. Ghezali, la SH2030 devrait ainsi faire de Sonatrach une « référence  mondiale » parmi les compagnies pétrolières, de rejoindre le Top 5 des  compagnies pétrolières et d’atteindre un taux d’intégration nationale de  55%. Pour sa part, le conseiller du P-dg de Sonatrach, Hammoudi Bouhaddouda, a  relevé que l’objectif de taux d’intégration de 55% en 2030, avec un  investissement cumulé estimé à 171 milliards de dollars équivalents,  « permettrait une économie de devises de 14 milliards de dollars ». Selon lui, le développement de l’investissement est la condition  primordiale pour atteindre cet objectif, sachant que Sonatrach aidera la  création de sociétés notamment d’engineering, de sidérurgie, de fabrication  de tubes, d’équipements chaudronnés et de sous-traitance industrielle. Dans son intervention, M. Bouhaddouda a mis l’accent sur l’impératif  d’accorder une importance particulière à la formation notamment dans la  tuyauterie, la soudure, l’électricité et l’instrumentation pour lesquels il  est souvent fait recours à un personnel expatrié.

Le contenu local dans l’industrie pétrolière algérienne de  l’ordre de 20%

 Le contenu local dans l’industrie pétrolière  algérienne est légèrement au-dessus de 20%, a indiqué hier  à Alger le  directeur Assistance et réglementation des marchés auprès de Sonatrach, M.  Fahim Atik. Intervenant lors des Journées d’information de Sonatrach sur les  opportunités d’investissements des entreprises algériennes, M. Atik a  affirmé que selon une étude de l’Association des pays pétroliers africains  (APPA), le taux de contenu local moyen est de 20% alors que celui de  l’Algérie dépasse « légèrement » cette moyenne.  Le contenu local est un concept développé par l’ensemble des pays  pétroliers pour encourager le développement des capacités des entreprises  locales à réaliser les besoins des compagnies pétrolières nationales, a  expliqué le conférencier. Mais selon lui, ce concept ne doit pas être confondu avec celui de  l’intégration nationale puisque le contenu local, a-t-il explicité, revêt  une dimension beaucoup plus large du fait qu’il exige non seulement la  fabrication locale de ces produits mais également et surtout que cette  fabrication soit réalisée par des compétences locales. Ainsi, Sonatrach souhaite élargir ce taux de contenu local en Algérie, en  vue d’atteindre également le taux d’intégration de 55% prévu par la  Stratégie de la compagnie à l’horizon 2030 (SH2030). Au lieu de faire appel aux ingénieurs étrangers, le pays formera des  ingénieurs pour qu’ils puissent eux-mêmes concevoir et fabriquer ces  équipements, a insisté le même responsable en relevant que « des entreprises  algériennes et des compétences algériennes, c’est cela le contenu local ». « Nous voulons aller, d’ici l’horizon 2030, à 55% de taux d’intégration.  Nous en sommes encore très loin. Nous sommes, peut-être, aux environs des  40% d’intégration nationale actuellement », a déclaré M. Atik à l’APS en  marge de cette rencontre. Atteindre le taux des 55% d’intégration nationale « nécessitera beaucoup de  travail », relève-t-il, en notant que « cette politique émane, certes, de  Sonatrach, mais elle nécessite l’implication de tout le monde ».  « A Sonatrach, nous avons la volonté et nous sommes persuadés que nous  pouvons y arriver, mais il faut que l’Etat nous aide et que les entreprises  algériennes s’impliquent », insiste-t-il, en faisant valoir que cette aide  de l’Etat peut prendre la forme de mesures fiscales et parafiscales  incitatives. Selon lui, grâce à leurs aides étatiques, des pays comme la Malaisie, le  Brésil et le Nigéria on atteint les 70% de taux de contenu local. Quant au plan d’action de Sonatrach, il doit se présenter sous forme d’un  processus de pré-qualification des entreprises algériennes, avance le même  responsable qui explique qu’il faudrait les accompagner pour les mettre à  niveau et en conformité avec standards internationaux. « Nous pourrons alors leur faire des formations et il y a des structures  dédiées au sein de Sonatrach qui s’occuperont de cela », note-t-il. Dans ce sens, il a fait valoir qu’il est même probable que ce plan  d’action obligera les partenaires étrangers de Sonatrach d' » algérianiser »  leurs effectifs « au lieu d’importer des compétences depuis l’étranger.

Synthèse N.Sourdi