Ouyahia à l’ouverture de l’université du FCE :« Ensemble pour construire l’Algérie qui avance »

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En prenant la parole ce matin  à l’ouverture de l’université d’été du FCE, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a donné un signal fort sur la volonté des pouvoirs publics à renforcer le dialogue direct avec les opérateurs économiques afin de les impliquer davantage dans le processus de relance de l’économie nationale.

La politique de développement économique du gouvernement vise à assurer une croissance durable, créatrice d’emplois et de richesse, à travers une stratégie étudiée de diversification de l’économie nationale. Cette stratégie cible quatre domaines considérés comme de véritables leviers de croissance, à savoir l’industrie, l’agriculture, le tourisme et les technologies de l’Information et de la communication. Elle est structurée autour d’une organisation efficace de l’activité commerciale et appuyée sur un secteur bancaire dynamique en voie de modernisation pour accompagner les investisseurs. Le secteur énergétique est également au centre de cette politique, grâce à une ambitieuse stratégie de développement des énergies renouvelables visant à sécuriser les besoins du pays, tout en préservant l’environnement.

D’emblée, Ouyahia a rappelé que depuis l’année 2000, l’Etat a engagé plus de 36.000 milliards DA en investissements publics. Ce montant colossal, dira-t-il, a permis la livraison de dizaines de milliers d’équipements pour satisfaire les besoins de la population dans tous les volets du développement humain, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé, ou du logement par exemple. D’importantes infrastructures de base ont également été réalisées pour améliorer les conditions de l’investissement et du développement économique.

La dépense publique d’équipement a également constitué l’essentiel du plan de charge de nos entreprises, même si, à notre grand regret, une part des montants engagés n’a pu être captée par les entreprises locales qui n’ont pas su se renforcer.

Parallèlement, les pouvoirs publics ont mis en place une législation attractive pour la promotion de l’investissement ainsi que diverses mesures de soutien à la création et à l’extension des entreprises dans tous les secteurs, a-t-il relevé..

Certes, « il est d’usage pour certains de dire que le climat des affaires n’est pas parfait dans notre pays, mais nous sommes l’un des rares pays au monde à accorder d’importants avantages fiscaux aux investissements, qui peuvent même atteindre 15 années entre la réalisation et l’exploitation dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux », a-t-il précisé, soulignant que cette politique a donné des résultats, à l’image de l’entrée en activité de plus de 50.000 nouvelles petites et moyennes entreprises recensées par l’ANDI qui ont bénéficié des soutiens publics et qui ont créé des centaines de milliers d’emplois permanents.

Mieux, dira-t-il encore, la décentralisation du traitement des dossiers d’investissements a eu pour résultat l’émergence d’un esprit d’entreprenariat dans toutes les wilayas du pays. Ainsi, durant les seuls 09 premiers mois de l’année en cours, près de 4000 nouveaux dossiers d’investissements ont été introduits auprès des guichets uniques de l’ANDI dans les 48 wilayas.

Pour le Premier ministre, la solution financière « est désormais là avec le recours par le Trésor public à l’emprunt auprès de la Banque d’Algérie », ajoutant que « le dépassement véritable de la crise économique et financière à l’issue de quelques années nécessite aussi, des réformes que le gouvernement mènera ». Un tel défi nécessite également, selon Ouyahia, « une participation active des travailleurs et des entrepreneurs, aux côtés de l’Etat, et du reste des citoyens ».  Il a fait savoir que « c’est là tout le sens de l’appel du Président de la République lors du Conseil des ministres du 6 Septembre dernier, aux partenaires économiques et sociaux pour mobiliser toutes les énergies et créer de nouvelles ressources complétant celles du pétrole en vue de préserver à long terme l’indépendance financière de l’Algérie et sa souveraineté sur le plan économique ».

Cet appel présidentiel a rapidement reçu un écho engagé de la part de l’UGTA et de l’ensemble des organisations patronales privées et publiques, « écho positif exprimé dans une déclaration conjointe ». Pour sa part, le gouvernement, agissant dans l’esprit de notre cadre tripartite, « souhaite saisir cette tribune pour vous faire part de quelques unes des mesures qu’il a arrêtées en appui au développement de l’économie nationale et de l’entreprise locale, et pour vous faire part aussi de l’attente des pouvoirs publics, quant à une plus grande implication des entreprises dans toute la chaine de développement économique », a-t-il poursuivi.

Dans son plan d’action, le gouvernement «  entend mener plusieurs réformes pour améliorer le climat des affaires y compris par la modernisation du système financier. Ce système financier vient d’ailleurs de connaître l’introduction des produits de la finance islamique, qui sera bientôt suivie de l’avènement des bons du Trésor conformes à la Charia ». Mais par-delà ces mesures organisationnelles, le gouvernement a déjà pris et prendra dans les prochaines semaines, une série de décisions de portée économique.

Il s’agit de la relance de l’investissement public avec, en 2018, un budget d’équipement de plus de 4000 milliards DA, en hausse de plus de 1000 milliards DA comparativement à 2017. Ces crédits comporteront près de 250 milliards DA directement destinés au développement local. Le budget pour l’année prochaine comprendra également plus de 260 milliards DA destinés à la bonification des taux d’intérêts et La remise en activité de l’intense programme de soutien à l’agriculture décidé par M. le Président de la République en 2009, et malheureusement contrarié par la crise financière ces dernières années.

L’allègement au niveau des banques, du poids des créances détenues sur l’Etat par des organismes économiques (telles que la Sonatrach et la Sonelgaz) ainsi que du poids du financement du logement promotionnel. Ce faisant, des montants très importants de liquidités seront de nouveaux disponibles pour les crédits bancaires à l’investissement, la réactivation du Fonds National de l’Investissement pour accompagner des investissements majeurs, le maintien de l’ensemble des mesures de soutien à l’investissement et de bonification des crédits bancaires à l’investissement, la réalisation, dans un délai maximum d’une année, des 50 nouvelles zones industrielles, sous la responsabilité directe des walis, auprès desquels l’opération a été décentralisée, figurent aussi parmi ces mesures.

Il s’agit également d’une décentralisation accrue au niveau des wilayas, de tous les actes et procédures liées aux investissements, qu’il s’agisse des démarches au niveau des guichets uniques locaux ou qu’il s’agisse de l’accès au foncier industriel, le rétablissement de la priorité à la production nationale dans le cadre de la commande publique, conformément au Code des marchés publics en vigueur, le recours aux appels d’offres nationaux pour toute réalisation publique. Le recours aux entreprises étrangères deviendra ainsi l’exception et a mise en place de mesures de sauvegarde du marché national, pour réduire le volume des importations et préserver les réserves de changes, mais aussi pour permettre à la production nationale et à l’entreprise nationale de se réapproprier le marché local. Enfin, Ouyahia a assuré que le gouvernement « sera toujours au service des entrepreneurs et travailleurs pour construire ensemble cette Algérie qui avance ».