Pandémie de «Covid-19»: Masques médicaux, une pénurie planétaire

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Le monde manque de masques. Les témoignages de pénurie de masques FFP2 émanant du personnel médical, médecins, sages-femmes, infirmières ou encore aides-soignants se multiplient à l’échelle planétaire.

Les recommandations officielles ont stipulé qu’un masque ne peut-être utilisé qu’une seule fois et ce, pendant une courte période de temps, de l’ordre de 3 heures environ. Pour pallier à la pénurie des masques, l’école de médecine de l’Université de Stanford (Californie, États-Unis) s’est penchée sur les différentes méthodes que le personnel médical pourrait utiliser afin de décontaminer leurs masques N95. Un travail de recherche qui s’adresse en priorité aux anesthésistes-réanimateurs, en première ligne afin de soigner les patients atteints du virus «Covid-19» et présentant une détresse respiratoire. Les particuliers ne doivent en aucun cas y avoir recours.

Ne jamais essayer de décontaminer Pour les soignants comme pour les particuliers, les chercheurs sont formels. «N’essayez pas de désinfecter du matériel contaminé chez vous à la maison. Ne passez pas vos masques dans votre four de cuisine. Nos travaux ne cautionnent et n’encouragent pas ce genre de pratiques et recommandent de respecter les procédures mises en place par votre hôpital.» Le rapport réalisé par Stanford ne prend en compte que les masques N95, une norme américaine qui correspond à la classe de masques FFP2 en Europe. Elle ne mentionne aucun autre type de masques et ne concerne donc pas les simples masques chirurgicaux. «Ce rapport est une recherche dans un cadre d’urgence», ont rappelé les auteurs de l’étude, et ne constitue pas une nouvelle marche à suivre, ni pour les soignants, ni les particuliers. L’équipe a passé en revue toute une série de pistes pour pouvoir décontaminer un masque FFP2. Faire tremper son masque dans de l’eau savonneuse, le passer au stérilisateur à une chaleur extrême, le passer au micro-ondes, le passer dans de la vapeur d’eau, le nettoyer à la javel, le nettoyer au peroxyde d’hydrogène (l’eau oxygénée, ndlr), le laisser tremper dans le l’alcool à 75°C puis le faire sécher, le placer sous une lampe à ultra-violets pendant 30 min ou encore le passer au four à 30 mn à 70°C… Toutes ces méthodes ne se valent pas et nombre d’entre elles sont très dangereuses, selon les chercheurs de Stanford. Ils ont rappelé que pour être efficace, «une décontamination doit éliminer la menace virale, ne présenter aucun danger pour la personne qui utilise le masque et conserver ses propriétés de respiration.» 50 millions de masques seront disponibles en Algérie Les disponibilités des masques médicaux devraient atteindre les 50 millions d’unités «assez rapidement», grâce à la production localement de 11 millions d’unités et à l’importation en cours de 15 millions d’unités, en plus des stocks initiaux, estimés à 45 millions d’unités, mais dont une bonne partie, a été déjà distribuée depuis le début de la  propagation du coronavirus, avait  indiqué, hier, le ministre délégué chargé de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, sur les ondes de la Radio nationale. Lotfi Benbahmed avait fait savoir que la production nationale de ces masques pourrait être augmentée à 500 000 unités / jour afin de répondre aux besoins en la matière. «Sur les 11 millions d’unités produites, 7 ou 8 millions sont répartis sur les hôpitaux et près de 2 millions se trouvent au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH)», avait-il détaillé. Selon le ministre, l’Algérie possède quatre producteurs de masques médicaux ainsi qu’une douzaine de fabricants des solutions hydro-alcooliques publics et privés. Concernant les masques médicaux, Lotfi Benbahmed, a fait savoir que ceux-ci avaient commencé à être très exportés illégalement dès l’apparition du coronavirus en Chine, ce qui a nécessité l’intervention des Pouvoirs publics afin de faire cesser les réseaux illégaux d’export de ce produit. «Lorsque la demande pour un produit est multipliée du jour au lendemain par 100 ou par 1000, des phénomènes spéculatifs se mettent en place à travers l’export ou des réseaux parallèles ou de stockage ou même par l’augmentation de prix», avait-t-il expliqué. Ainsi, «l’État a, très rapidement réuni l’ensemble des producteurs de masques et réquisitionné leurs stocks et leur production». Cependant, les producteurs de masques médicaux faisaient face à une autre problématique quant à la disponibilité de la matière première.  «Nous sommes actuellement en train d’aider ces opérateurs avec des pays amis de l’Algérie pour se procurer rapidement cette matière première»,  avait affirmé Lotfi Benbahmed. Par ailleurs, et dans l’optique d’une utilisation raisonnable des masques, le ministre délégué avait indiqué qu’il a été demandé aux services hospitaliers à travers le territoire national de procéder à la rationalisation de l’usage de ces masques qui seront orientés en priorité vers les hôpitaux et dans les foyers épidémiques. Le risque de contamination du coronavirus en Algérie a provoqué une ruée sur ces bavettes. Mais leur port est-il efficace afin de se prémunir du virus chinois ? Depuis le retour au pays de dizaines d’étudiants algériens de la Chine, la peur de l’épidémie du nouveau coronavirus s’est réellement installée en Algérie. La preuve : la plupart des pharmacies ont fait face à une demande sans précédant sur les masques chirurgicaux. Pourtant, la culture de prévention fait souvent défaut chez nous. Et si certaines Officines disposent encore de quelques boîtes de masques faciaux, d’autres ont épuisé leurs stocks depuis des jours. Pour rappel, au pic de la pandémie internationale, l’Algérie avait fait don de 500 000 masques chirurgicaux à trois couches, de 20 000 lunettes de protection et de 300 000 paires de gants aux autorités chinoises, afin de faire face à la prolifération du coronavirus. Seulement, ce masque est-il vraiment efficace ? Les professionnels ont expliqué  que les masques chirurgicaux sont utiles uniquement lorsque la personne est elle-même malade. «C’est pour éviter de contaminer les autres», a précisé un pneumologue. Selon lui, ces masques en papier laissent passer de l’air non filtré et donc n’offrent pas suffisamment de protection dans le cas de contact prolongé avec une personne contaminée. Afin de protéger les voies respiratoires contre les particules fines et toxiques, les virus grippaux et les poussières, le spécialiste a recommandé au port des  masques de protection respiratoire de type FFP2. Équipés d’un dispositif de filtration des poussières et des agents pathogènes, ces masques sont destinés essentiellement au personnel médical (infirmiers et médecins) en contact de personnes malades. Toujours est-il, le lavage fréquent des mains reste recommandé afin de prévenir la propagation de l’ensemble des virus respiratoires, notamment, le coronavirus, mais aussi, le virus de la grippe saisonnière. Des masques sous bonne escorte La France, elle aussi, n’est pas en reste, en matière de pénurie de bavettes, qualifiée «or en barre» par France Info, c’est un important dispositif sécuritaire qui a accompagé, hier, la réception de cette denrée rare venue de la Chine dans toute la France. Gendarmes, policiers et militaires ont convoyé surveiller et escorter des masques en provenance de la Chine commandés par le gouvernement français, de leur arrivée à l’aéroport jusque dans les dépôts de Santé publique en France. Afin de protéger ce précieux matériel, une centaine de gendarmes ont participé par roulement à la sécurisation de toute la chaîne d’acheminement de ces millions de masques FFP2 venus de la Chine. «C’est comme si on convoyait de l’or en barre», a expliqué à franceinfo un haut gradé de la gendarmerie francaise, hier.  L’aéroport de Vatry a été choisi par le gouvernement français dans le dispositif aérien mis en place depuis ce dimanche pour recevoir une partie des 74 millions de masques de type FFP2 en provenance de la Chine, pour être ensuite acheminés vers les lieux de stockage.

Yasmine Derbal