PLF 2019: Baisse de 11 % du budget d’équipement et hausse de 8 % des  dépenses de fonctionnement  

0
833

  Le projet de loi de finances (PLF) 2019 présenté,  dimanche, par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya devant la commission des Finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale   (APN), prévoit une baisse de 10,9 % des dépenses d’équipement et une hausse   de 8,1 % des dépenses de fonctionnement, induisant un déficit du trésor de   -10,4 % par rapport au produit intérieur brut (PIB) (contre -11 % en 2018). 

Sur un total de dépenses estimé à 8.557,2 milliards de DA, le projet de  loi prévoit une hausse des dépenses de fonctionnement de 4.954,5 milliards   de DA en 2019 (+8,1 %) contre des dépenses d’équipement estimées à 3.602,7   milliards de DA (-10,9%).  Les recettes budgétaires prévues pour 2019 s’élèvent à 6.507,9 milliards   de DA, dont 2.714,5 milliards de DA de fiscalité pétrolière inscrite au  titre du budget.  La fiscalité pétrolière effectivement recouvrée devrait atteindre 3.201,4  milliards de dinars en 2019.  Le déficit du trésor prévu par rapport au PIB devrait, néanmoins, baisser  à 5,7% en 2020 et 5% en 2021, selon les prévisions du ministère des  Finances.  Lors de la réunion présidée par Toufik Toureche, président de la   commission, M. Raouya a indiqué que le financement du déficit du trésor   entre 2019 et 2021 « connaîtra une sorte de pression, en dépit du recours au financement non conventionnel et au prélèvement à partir du Fonds de  Régulation des Recettes (FRR) durant cette période ».   Cependant, le besoin au financement non conventionnel « baissera », en   passant à -1.874,4 milliards de dinars en 2019, -746,5 milliards de dinars  en 2020 et -796,5 milliards de dinars en 2021, précise le ministre.  Parmi les objectifs visés à travers les dispositions législatives prévues  dans le projet de loi, l’amélioration des revenus de l’Etat, la coordination et la simplification des procédures, la lutte contre la  corruption et l’évasion fiscale, outre l’encouragement et la promotion de   l’investissement productif et la bonification des taux d’intérêts bancaires  au profit des citoyens.

Les secteurs de l’industrie, du bâtiment et de l’agriculture favoriseront l’accélération de la croissance en 2019  

 Les secteurs de l’industrie, du bâtiment, des travaux publics, de l’habitat, de l’agriculture et des services (marchands et non marchands) contribueront à l’accélération de la croissance en 2019  en dépit du recul du secteur des hydrocarbures, a indiqué, dimanche, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya lors de sa présentation du Projet de loi des Finances (PLF) 2019 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).   Le projet de loi prévoit une croissance de 2,9% pour l’exercice 2019 contre une croissance hors hydrocarbure de 3,2%, a précisé M. Raouya lors d’une séance présidée par le président de la Commission, Toufik Torche en présence du ministre des Relations avec le parlement, Mahdjoub Bedda.  Devant des prévisions faisant état d’un recul des exportations des hydrocarbures de 1% en termes de volume pour s’établir à 33,2 milliards USD en 2019, il est prévu une croissance hors hydrocarbures en termes de volume, grâce à la contribution des secteurs du bâtiment et des travaux  publics à hauteur de 4,7%, l’industrie (5%), l’agriculture (3,7%) et les services marchands et non-marchands (1,8%).  Le projet de loi a été élaboré sur la base d’un prix référentiel de 50 dollars/ baril de pétrole algérien « Sahara Blend » et sur la base du prix du marché à 60 dollars. Pour ce qui est prix de change du dinars algérien, il devrait se situer autour de 118 dinars/dollar, prix moyen annuel pour la période 2019-2021 avec une inflation de 4,5% en 2019 et 3,9% en 2020 et 3,5% en 2021. A moyen terme, la croissance économique augmentera à 3,4% en 2020 et 3,2%  en 2021  avec une moyenne de croissance hors hydrocarbure de 3,1% en 2020-2021, selon les prévision du PLF. Le projet de loi prévoit également une hausse du volume d’exportations des hydrocarbures de 4,2% en 2020 avec des recettes estimées à 34,5 mds dollars et de 2% en 2021 avec 35,2 mds de dollars de recettes. Reflétant les mesures engagées par le gouvernement en vue dÆencadrer les  importations, le projet de loi prévoit, ajoute M. Raouia, un recul de lÆimportation des marchandises à 44 milliards de dollars en 2019, 42.9 milliards de dollars en 2020, et 41.8 milliards de dollars en 2021.  De ce fait, le déficit de la balance commerciale ralentira progressivement  pour passer de 10.4 milliards de dollars en 2019 à 8.2 milliards de dollars en 2020 et 6.4 milliards de dollars en 2021.

Les réserves de change à moins de 34 milliards de dollars en 2021

 Pour la période 2019-2021, le PLF prévoit une baisse continue de la balance des paiements qui devrait passer de 17.2 milliards USD en 2019, à 14.2 milliards USD en 2020, puis 14 milliards de dollars en 2021.   Ce recul conduira à une contraction des réserves de change à 62 milliards  USD en 2019, puis 47,8 milliards USD en 2020 puis 33.8 milliards USD en 2021.   Le ministre des Finances a rappelé, à ce titre, que le PLF 2019 s’inscrit dans la continuité des efforts consentis par l’Etat dans le but d’alléger les effets négatifs de la diminution des ressources financières sur  l’économie nationale, et ce dans un contexte marqué par des tensions sur  l’équilibre financier interne et externe du pays, en raison de la baisse des cours du pétrole.  Le texte consacre, à cet effet, la poursuite du contrôle de la dépense  publique dans le but de limiter l’impact de ces tensions sur le trésor  public.  Les membres de la commission ont entamé, au terme de cette présentation,  le débat autour du projet de loi avec le ministre et les directeurs centraux du ministère.