Poursuite du débat autour du plan d’action du gouvernement: Les députés insistent sur le caractère urgent de sa mise en œuvre

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Photo Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

Poursuivant leur débat général au sein de l’hémicycle autour du plan d’action du gouvernement, les députés ont insisté sur la nécessité de conférer un caractère urgent à la mise en œuvre de ce plan, notamment en ce qui a trait aux priorités du citoyen et à ses exigences dans les secteurs de l’Education, de l’Enseignement, de la Santé et du Travail.

Le député Adel Mitah (FLN) a souligné l’importance d’appliquer le plan d’action du gouvernement, eu égard à la situation économique et financière actuelle du pays, d’où l’impératif de mettre en place un plan urgent fixant les priorités du citoyen, y compris la lutte contre la pandémie Covid-19, la relance du secteur de la santé et le parachèvement de la prise en charge des zones d’ombre. Pour sa part, le député Nabil Hireche (MSP) a plaidé pour le parachèvement des différents projets tracés et la réponse aux attentes des citoyens dans plusieurs secteurs, à travers la garantie de l’emploi et la création de nouvelles structures sanitaires. De son côté, le député Fouad Osmane (RND) a mis l’accent sur les secteurs de la santé et de l’éducation et leur importance pour le citoyen, appelant le gouvernement à leur accorder l’importance nécessaire, tout en incluant de nouvelles spécialités dans le système d’éducation et de formation. Pour sa part, la députée Lamia Zabouchi (RND) a appelé à lever le gel de certains projets du secteur de la santé, en particulier dans les zones reculées, en plus d’ouvrir de nouveaux postes dans divers secteurs et d’offrir une opportunité aux compétences et aux diplômés des instituts et universités. Evoquant les souffrances quotidiennes du citoyen dans les zones frontalières sud, le député Mohamed Ouardi (Indépendants) a fustigé l’arrêt des différents projets consacrés à ces zones dont la réalisation des routes et des hôpitaux, citant également les problèmes liés à l’enseignement, l’habitat et l’aide sociale aux catégories vulnérables. Même constat exprimé par le député Mokhtar Bousbaâ  (Indépendants) qui a relevé la hausse du nombre des habitants qui ne va pas de pair avec la réalisation des structures de santé, d’où «une forte pression sur les médecins et les hôpitaux». Pour sa part, le député Riad Sahnoune (FLN) a souligné que le citoyen attend du gouvernement de trouver «des solutions urgentes» à ses problèmes, appelant à «élaborer des textes réglementaires clairs pour instaurer l’Etat de droit et éliminer la bureaucratie». Le gouvernement compte, dans son plan d’action présenté lundi par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, devant les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN), améliorer la qualité de l’enseignement par le lancement de «profondes réformes pédagogiques», l’augmentation du nombre de chercheurs et l’amélioration de la moyenne nationale d’encadrement pédagogique dans les universités. Présentant le plan d’action du gouvernement à l’APN, M. Benabderrahmane a précisé que le gouvernement avait placé «le développement humain au cœur de ses intérêts» et que «la réussite des réformes initiées sur tous les plans dépendra du niveau de développement humain», ajoutant qu’il comptait, dans ce sens, «renforcer le capital humain à travers la promotion de toutes ses composantes». En vue d’améliorer la qualité de l’enseignement, le Premier ministre a annoncé qu’il est nécessaire d’opérer des «réformes profondes, notamment au cycle primaire, de promouvoir les filières mathématiques, techniques et scientifiques ainsi que l’enseignement de l’informatique», outre l’amélioration de l’encadrement.

Le gouvernement s’emploiera à asseoir «les fondements nécessaires au lancement du baccalauréat artistique inscrit au programme du président de la République»

Le gouvernement s’engage, dans le domaine de l’enseignement supérieur, à relever les défis en vue d’améliorer les performances qualitatives du système d’enseignement national en adéquation avec les besoins du marché du travail, outre l’optimisation de la gouvernance universitaire et sa modernisation, a fait savoir le Premier ministre. Il a également évoqué les objectifs tracés par le gouvernement, parmi lesquels la nécessité de «revoir à la hausse le taux des titulaires de doctorat de 63,7% à 90% du total des enseignants», et «la moyenne nationale d’encadrement pédagogique d’un enseignant pour 25 étudiants à un enseignant pour 22 étudiants avant d’arriver à un enseignant pour 18 étudiants en sciences technologiques». Le gouvernement compte également «créer 100 projets de recherches mixtes avec le secteur de l’industrie tous les ans, tout en accordant à la recherche appliquée une importance des plus cruciales, d’autant plus qu’il sera procédé au suivi de toutes les recherches en la matière». Il a révélé que «durant l’année universitaire 2021-2022, il sera procédé au lancement de l’Ecole supérieure des mathématiques et de l’Ecole supérieure de l’intelligence artificielle, deux structures dont la création a été décidée par le président de la République, au vu du rôle capital et pionnier de ces deux spécialités à l’ère actuelle», ajoutant que «ces deux écoles seront dotées de tous les moyens qui leur permettront de se hisser à un meilleur niveau de formation et de compétitivité». En matière de recherche scientifique, il sera procédé, selon M. Benabderrahmane, à la création de «pôles d’excellence dans la recherche scientifique, d’incubateurs et de filières dans les établissements universitaires et de recherche, en vue de promouvoir la création et l’innovation, répondre aux exigences de l’environnement socioéconomique, œuvrer au réseautage des entreprises économiques nationales et des laboratoires de recherche scientifique au niveau des universités, tout en donnant à ces laboratoires la priorité dans leurs domaines sur l’expertise étrangère. Dans le domaine de la formation et de l’enseignement professionnels, il sera procédé à la poursuite de «l’adaptation des offres de formation aux exigences du marché de l’emploi, la promotion des branches et filières de la formation technique, scientifique et technologique, la mise en place d’un mécanisme de veille en matière de qualifications et compétences, l’intégration des diplômés, la réforme de l’organisation et de la gestion du cursus de l’enseignement professionnel et du système d’orientation, avec appui de la formation en entrepreneuriat».

Pour ce qui est de l’augmentation des capacités du secteur, le gouvernement a tracé plusieurs objectifs, dont notamment, poursuit le Premier ministre, «l’augmentation du nombre des établissements de formation avec plus de 50 établissements par an, pour passer de 2003 en 2021 à 2169 en 2024, en sus de l’augmentation annuelle des capacités d’encadrement, passant de 20547 enseignants actuellement à 25171 enseignants en 2024, pour ainsi accroître les capacités d’accueil estimées actuellement à près de 660 000 apprenants et stagiaires, à savoir 50 000 par an». De surcroît, M. Benabderrahmane s’est engagé à «consolider l’implication de la jeunesse dans le processus de développement national, à travers la mise en vigueur du Plan national jeunesse, à même de répondre aux préoccupations et aspirations des jeunes et de s’acquitter de leurs responsabilités à tous les plans politiques et socioéconomiques». Dans le cadre de la réhabilitation et du développement des régions nécessitant un accompagnement, le gouvernement s’engage à «poursuivre la mise en œuvre du programme ambitieux pour réduire les écarts et les inégalités entre les régions en matière de développement et désenclaver les zones éloignées à travers la poursuite de la généralisation et du raccordement aux différents réseaux (routes, gaz, électricité, eau potable) pour un meilleur accès aux services publics de base», a précisé M. Benabderrahmane. «Il s’engage également à poursuivre les efforts visant à réduire ces disparités à travers une approche globale, intégrée et inclusive avec des projets à dimensions sociale, culturelle et économique», a-t-il ajouté. A travers sa politique sociale, le gouvernement «s’engage à consolider le pouvoir d’achat des citoyens et à garantir la promotion et l’amélioration de la prise en charge des catégories vulnérables, en développant des mécanismes transparents assurant le ciblage optimal des véritables bénéficiaires, notamment l’achèvement du projet du registre social unique», a affirmé le Premier ministre, précisant que les actions du plan du gouvernement visent «la protection et le bien-être des personnes aux besoins spécifiques, des personnes âgées, des enfants et adolescents et de la famille et de la femme».

M. Benabderrahmane a, en outre, fait savoir que le gouvernement s’emploiera à «mettre en exécution la décision du président de la République portant sur l’institution d’une allocation chômage qui sera destinée aux chômeurs primo demandeurs d’emploi, sans revenu». À ce titre, «l’Agence nationale de l’emploi sera chargée de la gestion du nouveau dispositif», a-t-il dit. «La préservation et la consolidation du système de sécurité sociale et de retraite sont inscrites en tant qu’actions prioritaires du gouvernement, qui œuvrera à l’élargissement de la base cotisante et à l’intégration progressive des personnes actives, occupées au niveau du secteur informel», a insisté le Premier ministre, ajoutant que le gouvernement «engagera la réflexion sur la création de la branche retraite complémentaire pour améliorer le pouvoir d’achat des retraités bénéficiaires et contribuer au redressement des équilibres financiers de la branche retraite, ainsi que l’augmentation de la contribution des mutuelles sociales dans le cadre du système national de sécurité sociale». Dans le domaine de la santé, M. Benabderrahmane a souligné que le gouvernement compte «capitaliser sur les acquis réalisés à travers l’amélioration constante de la qualité du système de santé pour atteindre la couverture sanitaire universelle, le renforcement de la prévention et le développement des soins de proximité» en vue de «placer l’Algérie dans la moyenne internationale pour l’ensemble des indicateurs de référence en matière de santé publique».

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