Procès des affaires de montage de véhicules au tribunal de Sidi M’hamed: Le juge interroge Ouyahia et Sellal

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Algerie: 04.12.2019 Reprise du procès d’Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal au tribunal Sidi mhamed à Alger.

Le juge du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a procédé, hier, à l’interrogatoire des accusés poursuivis dans des affaires relatives au montage de véhicules, dont d’anciens responsables et ministres ainsi que des hommes d’affaires. Après avoir interrogé Ahmed Ouyahia, le juge a procédé à l’interrogatoire de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui a fait prévaloir sa défense laquelle s’est retirée de l’audience, arguant «l’absence des conditions nécessaires au procès».

Les questions du juge ont porté sur l’octroi d’indus avantages à des opérateurs dans le domaine de montage automobile, notamment à l’homme d’affaires, Ahmed Mazouz, et sur le financement de la campagne électorale de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika. En réponse à ces questions, Abdelmalek Sellal a nié «en bloc» les charges qui lui sont reprochées, expliquant que son rôle en tant que Premier ministre se limitait à la coordination entre les représentants du Gouvernement sur lesquels il «n’avait aucune autorité», et c’est le cas, a-t-il dit «pour la gestion du ministère de l’Industrie à l’époque du ministre en fuite, Abdeslam Bouchouareb». Il a ajouté, à ce propos, avoir demandé à Bouchouareb de revoir le cahier des charges, qu’il a élaboré sans le consulter. Quant à l’octroi d’indus avantages pour le projet d’investissement de l’homme d’affaires Mazouz Ahmed et l’implication de son fils, Sellal a indiqué n’avoir pas étudié ce dossier, affirmant «avoir acquis tous les biens immobiliers lui appartenant avec ses propres fonds». Pour ce qui est du financement de la campagne électorale et de l’ouverture de deux comptes bancaires en son nom, Sellal a expliqué que «c’est le candidat qui désigne le chargé de l’aspect financier de la campagne», niant «avoir eu connaissance d’un quelconque transfert de fonds relatif à la campagne, dont il ignorait l’origine». Le jugé a décidé de lever l’audience pour près de 2 heures avant la reprise de l’audition des accusés, dont l’ancien ministre des Transports et Travaux publics, AbdelghaniZaâlane et l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi. Retrait de plusieurs membres du collectif de défense Des membres du collectif de défense des anciens responsables et hommes d’affaires poursuivis pour dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages dans l’affaire de montage automobile, se sont retirés du procès public qui a repris, hier après-midi, au Tribunal de Sid M’hamed (Alger), dénonçant «des conditions inadaptées» au déroulement du procès. S’exprimant lors d’un point de presse en marge de l’audience, le bâtonnier de Blida, Me Abdelaziz Medjdouba a fustigé «un climat et des conditions défavorables et une mauvaise organisation» de cette audience.

Pour sa part, l’avocat Boumehdi Kamel a estimé que le procès «s’est transformé en une audience d’audition portant atteinte aux accusés» évoquant un procès «politique et expéditif». Il a ajouté s’attendre à «de lourdes peines à l’encontre des accusés». L’audience de l’après-midi d’hier, avait débuté par l’interrogatoire de l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi suivi de l’ancienne secrétaire générale du ministère de l’Industrie, RabiaaKherfi, auditionnée en tant que témoin. Le juge a interrogé, en outre, les anciens ministres AbdelghaniZaâlane et MahdjoubBedda ainsi que l’accusée non détenue Yamina Zerhouni et nombre de cadres du ministère de l’Industrie. Le procès avait débuté la matinée d’hier, par l’audition de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, auquel le juge a posé une série de questions relatives, notamment aux raisons et motifs du choix de certains opérateurs en particulier dans l’affaire du montage de véhicules. En réponse, Ouyahia a demandé l’application de l’article 177 de la Constitution, stipulant «l’institution d’une haute Cour de l’État pour connaître des actes pouvant êtres qualifiés de haute trahison du président de la République, des crimes et délits du Premier ministre, commis dans l’exercice de leur fonction», une requête rejetée par le procureur de la République. Par la suite le juge avait procédé à l’interrogatoire de l’ex Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a fait prévaloir sa défense, laquelle s’est retirée de l’audience, arguant «l’absence des conditions nécessaires au déroulement du procès». À noter que l’audience reprendra son cours à partir de 10h du matin.

  1. T.M. /Ag.