Produits agricoles: Le gouvernement «déterminé» à prendre en charge les préoccupations des opérateurs dans le Sud

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Les ministres participant à la rencontre nationale sur «l’exportation des produits agricoles et le système du commerce de troc avec les pays du Sahel africain», tenue mardi à Tamanrasset, ont mis en avant la détermination du gouvernement à prendre en charge les préoccupations des opérateurs économiques dans ce domaine, l’objectif étant de lancerdes investissements bénéfiques pour les populations des régions du Sud, sur les plans socioéconomique et sécuritaire.

Rehaussée par la participation de plusieurs membres du gouvernement, la rencontre a permis de mettre le doigt sur les problèmes auxquels se heurtent les différents acteurs dans le Sud, à travers des débats ayant porté essentiellement sur les problématiques de la facturation, les points de passage des produits, et le transfert de fonds. Les participants à cette rencontre ont évoqué les différents défis auxquels font face les opérateurs économiques lors de l’exportation du troc ou de l’investissement dans les wilayas du Sud, plaidant pour des mesures plus audacieuses en vue de la promotion du commerce de troc, du soutien de l’exportation des produits agricoles vers les pays du Sahel, et de l’accompagnement des acteurs dans le développement de ce type de commerce, de façon à assurer la sécurité et la stabilité pour les populations de ces régions et à mettre un terme au commerce parallèle sur les frontières. Les intervenants parmi des professionnels, des agriculteurs et des éleveurs ainsi que des commerçants ont souligné les difficultés et les obstacles les plus importants qui entravent le développement de cette activité, dont notamment la fermeture des passages frontaliers et l’exigence des autorisations de circulation qui demandent aux opérateurs plus de temps et de déplacements, en sus de la mauvaise situation de certaines routes et de passagers, dont principalement la RN1, et l’absence des stations ferroviaires capables d’épargner aux opérateurs les coûts de chargement. Ils ont en outre abordé la problématique d’interdiction d’exportation de certains produits très demandés dans les pays voisins du Sahel, appelant à la relance du mode de convois commerciaux en matière d’échange entre ces pays et à la révision des listes des produits autorisés à l’importation.

Alger-Nouakchott : des dessertes maritimes  dès ce mois d’avril  Répondant aux intervenants, les membres du gouvernement présents à cette rencontre ont réitéré la détermination de l’Etat à accompagner les entreprises et encourager l’investissement structurant dans les régions Sud, en concrétisation de la stratégie tracée qui vise à diversifier l’économie nationale hors-hydrocarbures, et ce, en trouvant des solutions aux différents problématiques soulevées à court ou à moyen termes et qui sont, selon eux, «logiques et objectives». Dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdani, a affirmé, mardi depuis Tamanrasset, que son secteur accordait plusieurs facilitations aux investisseurs désirant exercer des activités de production ou de transformation des produits agricoles ou autres connexes dans les wilayas du Sud. Le ministre a évoqué le rôle du portail numérique du secteur et le site électronique de l’Office de développement de l’agriculture saharienne dans l’assouplissement des procédures relatives à la concrétisation de ces investissements. Dans le même contexte, M. Hemdani a souligné que «la conjoncture économique, politique, sécuritaire et stratégique impose la structuration de l’investissement dans le Sud». Pour sa part, le représentant du ministère de la Défense nationale (MDN) estime que le traitement de la question des passages, soulevée par les opérateurs, en matière de troc et d’exportation et les demandes introduites concernant l’ouverture, de manière permanente, des passages frontaliers, relève de cas de Force majeure, à savoir la crise sanitaire mondiale induite par la propagation de la pandémie Covid-19, ajoutant que cette préoccupation est tributaire de la décision des autorités sanitaires. Selon le même responsable, rien n’empêche l’examen de la décision d’ouverture des passages par la Commission sécuritaire de la wilaya de Tamanrasset et les Autorités suprêmes dans le secteur, tout en prenant en considération les effets de la situation sécuritaire dans certains Etat limitrophes sur cette décision d’ouverture. De son côté, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé l’organisation, dans les prochains jours, d’une rencontre d’évaluation du commerce de troc pour rééquilibrer son activité entre l’Algérie et les pays du voisinage. Cela intervient suite à une forte demande sur les dattes à hauteur de 99% contre 1%  pour les 13 produits restants, selon M. Rezig qui a révélé la préparation d’un arrêté interministériel dans ce sens. L’objectif  de l’interdiction du transport des marchandises introduites dans le pays via les frontières Sud vers d’autres régions du pays consiste à faire obligation aux opérateurs de créer des activités économiques dans le Sud et réaliser une valeur ajoutée et de nouveaux postes d’emploi dans la région, a-t-il dit. Dans ce sens, il a révélé le lancement de dessertes maritimes entre Alger et Nouakchott qui permettent de réduire la durée de transport des marchandises (transit time) à cinq jours, et ce, à partir de ce mois d’avril. Il a souligné l’ouverture d’un débat avec le ministère des Finances sur le financement des nouvelles wilayas introduites dans le nouveau découpage administratif. Pour sa part, le ministre de l’Industrie, Mohamed Bacha, a appelé les opérateurs économiques à œuvrer à la relance des projets industriels dans la région, considérant que l’appui de l’exportation et du commerce de troc avec les pays du Sahel africain exige le renforcement des entreprises productrices activant dans les régions du Sud. De son côté, le ministre des Travaux publics et des Transports, Kamel Nasri, a dévoilé la reconstruction de la RN1 de façon «durable» et «étudiée», soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’une opération de réaménagement. Il a mis l’accent sur le rôle du Groupe Logitrans, qui détient une grande base logistique à Tamanrasset, ce qui permettra de faciliter le transport de marchandises. La rencontre nationale a été sanctionnée par plusieurs recommandations, notamment la nécessité d’ouvrir les passages tous les jours du mois au lieu d’une seule fois (un passage permanent pour le commerce de troc), de renforcer les infrastructures pour faciliter le déplacement, de revoir les coûts de transport et de les subventionner par l’Etat. L’encouragement et la valorisation des investissements dans les infrastructures logistiques (stockage, froid, transformation abattoirs et autres), l’ouverture de bureaux administratifs à travers toutes les wilayas concernées par le commerce de troc et le rapprochement des commerçants qui activent dans le commerce de troc pour faciliter l’obtention des documents figurent parmi les recommandations. Les participants ont recommandé, entre autres, l’ouverture du passage de Deb-Deb et d’inclure la Libye dans la liste des pays concernés par le commerce de troc.

  1. R.E.