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vendredi, janvier 21, 2022
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Des milliers de personnes manifestent à Madrid contre l’occupation illégale

Des milliers de personnes ont manifesté, samedi à Madrid, pour réclamer du gouvernement espagnol une attitude «claire et ferme» concernant l’occupation illégale du Sahara occidental par le Maroc, ont rapporté des médias locaux.

La manifestation massive initiée par la Coordination espagnole des associations solidaires avec le Sahara occidental a commencé peu après midi dans le centre de Madrid, avec des slogans en faveur de l’indépendance du peuple sahraoui, selon Ecsaharaui. Les manifestants ont scandé et brandi des slogans dénonciateurs des accords de Madrid et des violations des Droits de l’Homme au Sahara occidental. Ont défilé en tête, notamment, le délégué du Front Polisario en Espagne, Abdellah Alarabi, des hommes politiques espagnols de divers groupes parlementaires, ainsi que des représentants du monde de la culture et de la société civile espagnole. Des militants sahraouis, des politiciens et des activistes espagnols ont exigé que l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union européenne (UE) et Madrid adoptent des mesures contre les violations des Droits de l’Homme au Sahara occidental commises par le Maroc et des résolutions «claires» sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. La traditionnelle manifestation de soutien au peuple sahraoui a reçu le soutien de milliers d’Espagnols qui ont appelé le gouvernement espagnol à proposer «une solution au différend qui maintient le territoire sahraoui en attente de décolonisation depuis un demi-siècle», rapporte la même source. «L’Etat espagnol est responsable de la souffrance de tout un peuple, en abandonnant et en trahissant son droit à l’autodétermination et à l’indépendance», rappelle-t-on. Le site a noté à l’occasion que la guerre au Sahara occidental, éclatée à ouveau il y a un an après la violation du cessez-le-feu par le Maroc, pourrait «avoir un impact négatif sur la stabilité du Maghreb et sur la vie de milliers de Sahraouis qui subissent quotidiennement la répression de l’occupant marocain». Organisée sous le slogan : «Exigeons que l’ONU impose au Maroc des résolutions internationales et le respect des Droits de l’Homme. Référendum au Sahara maintenant», la manifestation constitue une rencontre annuelle dans le but de défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, en plus de contribuer au processus de paix pour avancer dans la résolution du conflit de manière pacifique.

Le Groupe de Soutien de Genève appelle les organes de l’ONU à protéger le peuple sahraoui Le Groupe de Soutien de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme au Sahara occidental a appelé, vendredi, les différents organes de l’ONU à remplir leur mandat en prenant les mesures nécessaires, afin de protéger le peuple sahraoui et lui garantir d’exercer librement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance. Un an après la rupture du cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario (13 novembre 2020), le Groupe de Soutien de Genève a appelé dans un communiqué, «les membres du Comité Spécial de l’ONU sur la Décolonisation, du Conseil de Sécurité et du Conseil des Droits de l’Homme à remplir leur mandat en prenant les mesures nécessaires, en conformité avec les principes et les objectifs de la Charte de l’ONU». Le communiqué signé par plusieurs personnalités, associations et ONG, poursuit que l’objectif est «de protéger la population sahraouie et de garantir que le peuple sahraoui puisse exercer librement son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies, intitulée «Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux».

Selon le groupe de soutien, le mois de novembre «est une période de récurrences douloureuses pour le peuple sahraoui», car outre la rupture du cessez-le-feu en 2020, ce mois a connu l’invasion du Sahara occidental par les Forces armées royales en 1975, ainsi que la violente destruction du camp de protestation pacifique Gdeim Izik en 2010. Alors que le Conseil de Sécurité de l’ONU encourage constamment les deux parties à travailler avec la communauté internationale pour développer et mettre en œuvre des mesures indépendantes et crédibles pour assurer le plein respect des Droits de l’Homme, le groupe a rappelé que la puissance occupante mène une campagne massive de répression contre les défenseurs des Droits de l’Homme, les journalistes et les prisonniers politiques sahraouis, ainsi que contre les civils et a verrouillé depuis 2015 l’accès à tout examen indépendant, y compris celui du Bureau du Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU.

 A ce titre, le groupe a déploré l’attitude des deux puissances occidentales (Etats-Unis et la France) à l’occasion du renouvellement par le Conseil de Sécurité de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) le 29 octobre dernier. Ces pays ont soutenu le Maroc qui a refusé d’inclure un mécanisme de surveillance des Droits de l’Homme dans le mandat de cette mission. «Ils offrent inexplicablement l’immunité et l’impunité pour les violations généralisées, graves et systématiques du droit international humanitaire et des Droits de l’Homme par la puissance occupante, le Maroc. En l’absence de contrôleurs et d’observateurs extérieurs, les Sahraouis sont livrés à eux-mêmes pour documenter et rapporter les violations des droits humains dont ils sont victimes», ont averti les signataires du document.

Dans leur communiqué, ils ont évoqué la répression, les violences et les traitements inhumains exercés par les forces occupantes contre les journalistes sahraouis et les militants et défenseurs des Droits de l’Homme au Sahara occidental afin de les empêcher d’exercer leurs droits à la liberté d’expression et d’association et toutes activités pacifiques comme l’adhésion à des organisations des Droits de l’Homme.

 Les signataires ont aussi abordé la situation des prisonniers politiques, en détention arbitraire, qui se trouvent sous une surveillance accrue, privés de leur droit de contacter le monde extérieur. Certains ont même observé des grèves de la faim ouvertes en réponse au traitement inhumain, à l’isolement continu et aux négligences médicales. «Le Groupe de Soutien de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme au Sahara occidental appelle toutes les hautes parties contractantes à appliquer l’article commun aux quatre Conventions de Genève et à s’assurer que la puissance occupante, le Royaume du Maroc, applique pleinement la 4e Convention de Genève dans le Territoire Non-autonome occupé du Sahara occidental», a martelé le groupe de Genève.

Les événements d’El Guerguerat ont ouvert un front de lutte qui ne s’arrêtera pas jusqu’à l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé, samedi, que les événements d’El Guerguerat du 13 novembre 2020, marqués par la violation de l’accord de cessez-le-feu par le Maroc avaient mis fin aux manipulations marocaines et ouvert une nouvelle page de lutte armée qui ne s’arrêtera qu’une fois consacré le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Dans son intervention lors d’une conférence organisée par l’Institut national d’études de stratégie globale (INSEG) à Alger, sur «El Guerguerat : un an plus tard», l’ambassadeur sahraoui a indiqué qu’«après 29 ans d’atermoiements et d’impasse qui ont caractérisé le plan de règlement parrainé par l’ONU, le peuple sahraoui n’a pas trouvé d’autre moyen que de manifester pacifiquement devant la brèche illégale dans la zone d’El Guerguerat pour appeler la communauté internationale à respecter ses obligations».

Face à l’impasse et au silence international, ajoute l’ambassadeur, «le Maroc pensait avoir le feu vert sur le dossier sahraoui et qu’il pouvait régler le conflit en sa faveur, via ses violations continues des Droits de l’Homme, visant à étouffer la voix de la résistance, mais la réaction du peuple sahraoui a carrément fausser ses visées à travers les bombardements menés par l’Armée sahraouie au quotidien». Le diplomate a souligné que le peuple sahraoui, le 13 novembre dernier, avait mis fin aux manipulations marocaines au vu des atermoiements et de l’impasse qui ont caractérisé le plan de règlement de l’ONU, en annonçant l’ouverture d’une nouvelle phase de la lutte.

M. Taleb Omar a précisé que les tentatives marocaines d’imposer le fait accompli par le pillage des richesses du Sahara occidental, avec l’ouverture d’une voie commerciale internationale vers l’Afrique, et d’entraver les négociations de paix participent d’un plan coloniale visant à user la résistance sahraouie. Le timing de la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu, le 13 novembre 2020, n’est pas innocent puisqu’il coïncidait avec l’anniversaire de la signature des sinistres Accords de Madrid (14 novembre 1975), par lesquels les autorités espagnoles ont abandonné leur responsabilité quant à la décolonisation du Sahara occidental, et qui ont conduit à la partition du territoire sahraoui, a-t-il rappelé, soulignant qu’ «au regard du droit international, l’Espagne est la puissance administrante et le Maroc la puissance occupante».

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