Santé: La codification de la formation continue, une nécessité imposée par l’évolution démographique et les changements épidémiologiques

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Les professionnels du secteur de la santé ont appelé à codifier la formation continue des différents corps du système sanitaire, afin de s’adapter à l’évolution démographique et aux changements épidémiologiques intervenus dans la société.

Dans des déclarations, des médecins et des syndicalistes ont appelé les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à codifier et à définir les objectifs de la formation continue des personnels médical et paramédical, en garantissant un budget pour son fonctionnement. Les recommandations issues de l’atelier sur la formation et la valorisation des ressources du séminaire national sur la modernisation du système de santé», tenu les 8 et 9 janvier derniers et dont la cérémonie de clôture a été présidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, prévoient notamment la révision des programmes initiaux de formation continue, avec valorisation de l’expérience acquise, orientation et soutien aux projets de recherche. A ce titre, le Pr Ayach Achour Toufikhecf, chef de service Réanimation au CHU Nafissa-Hamoud (ex-Parnet) d’Hussein Dey (Alger) a souligné la nécessité d’investir dans la ressource humaine à travers la formation, notamment la formation continue des médecins et des paramédicaux, par la codification et le financement des programmes prévus, comme c’est le cas dans de nombreux pays du monde. Cela, explique-t-il, permettra au système de santé de s’adapter aux progrès scientifiques, d’une part, et à l’évolution démographique et aux changements épidémiologiques au sein de la société algérienne d’autre part. Selon le même intervenant, bien que la loi sanitaire de 2018 évoque la formation continue au profit des personnels du secteur, elle ne souligne pas son «caractère obligatoire» , proposant que les établissements de santé mettent en place des programmes spéciaux applicables selon les besoins. Concernant la formation continue assurée par certains laboratoires, M. Ayech Achour a estimé qu’elle «sert beaucoup plus les parties organisatrices que le secteur», ce qui nécessite un contrôle par les ministères concernés.

La formation paramédicale, qui est actuellement encadrée par le ministère de la Santé, doit relever du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a insisté ce spécialiste, faisant observer qu’«une moyenne élevée au baccalauréat est exigée pour accéder au concours». De son côté, le président de la Société algérienne de médecine générale, le Dr Abdelkader Tafat, a souligné la nécessité de «revoir la formation du médecin généraliste» et de faire de la médecine générale une spécialité à part entière, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Selon lui, la formation actuelle est «dépassée» puisque ce sont les non-admis au concours d’accès au résidanat qui se retrouvent en médecine générale. «Si les ministères de l’Enseignement Supérieur et de la Santé ne revoient pas la formation dans cette spécialité, 40 000 médecins généralistes praticiens sont voués à disparaître», a-t-il prévenu, citant un sondage réalisé par la Société algérienne de médecine générale dans une wilaya du pays sur la pratique des médecins généralistes, et dont il ressort que «90% des praticiens généralistes ont été formés au cours des 50 dernières années et n’ont pas bénéficié d’une formation continue pour la mise à jour de leurs connaissances». Le Dr Tafat a appelé à l’actualisation des programmes de formation pour les adapter à la situation démographique et épidémiologique actuelle, soulignant que «la formation dispensée dans les années 1970 et 1980 n’est pas adaptée à la situation épidémiologique de ces dernières années, marquée par l’émergence de nouvelles maladies chroniques et graves». Le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet a insisté de son côté sur l’importance de la formation continue qu’il considère comme «une valeur ajoutée» pour l’Etat, et pour la société en vue de relever les défis du siècle marqués par des pathologies lourdes et des virus émergents dont la maîtrise requiert de la compétence et des moyens. Pour une bonne prise en charge des maladies du siècle, le syndicaliste préconise la formation du généraliste ou ce qui est appelé communément «le médecin de famille», qui prend en charge le malade à 50 % avant de l’orienter vers un médecin spécialiste, appelant la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) à «se conventionner» avec le médecin de famille, pour de meilleures prestations. S’agissant de la situation épidémiologique de la population, le Dr Merabet a relevé l’augmentation du nombre des personnes âgées, une catégorie qui souffre souvent de plusieurs pathologies liées à l’âge, ce qui nécessite la création de centres de gériatrie et la formation de médecins dans cette spécialité, pour une prise en charge à la hauteur des besoins de cette frange dont le nombre se situe actuellement entre 3 à 4 millions de personnes, un nombre appelé à la hausse dans les prochaines années. Le Dr Merabet a appelé à la révision des protocoles de soins et à l’encadrement des rencontres et colloques scientifiques, au service du système de santé et de la société, en assurant un financement direct et indirect de la formation continue.

R. M. S.

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