Subissant  de plein fouet la cinglante colère populaire: Les partis de l’ex coalition présidentielle réduits à néant.

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Longtemps, ils ont servi d’alibi politique au président Bouteflika, les partis de la coalition présidentielle, ont subi de plein fouet la cinglante colère populaire.

Sur les pancartes brandies chaque vendredi dans les manifestations, leurs chefs sont brocardés, raillés, voire insultés par les citoyens. Face au tribunal du peuple qui les a condamnés sans appels, les responsables de ces partis n’avaient dès lors d’autre choix que d’afficher profil bas, après avoir soutenu jusqu’au bout du bout et en dépit du bon sens le cinquième mandat. Mais comme en politique on est jamais mort pour de vrai, ils sont à l’affût et attendent l’ouverture d’une fenêtre d’opportunité pour revenir. Chacun des quatre partis investissant une stratégie sui generis. Ayant été le parti du pouvoir, mais sans pouvoir, le FLN est sans doute celui qui a subi les plus grands dommages collatéraux de la chute presque cocasse de Bouteflika. Moad Bouchareb, avec sa fameuse phrase prononcée à Oran dans laquelle il avait traité ceux qui s’opposaient au cinquième mandat de Bouteflika de « rêveurs », s’est condamné de facto. Son maintien à la tête du FLN en tant que coordinateur de l’instance provisoire pour une période de transition devenait impossible, d’autant plus qu’il était contesté de l’intérieur même du parti. Et surtout que son mentor Said Bouteflika était tombé entre temps.  Aujourd’hui, même son poste de président de l’APN est remis en cause, Said Bouhadja, clamant qu’il est le président légitime de la chambre basse du parlement. Mohamed Djemai, élu SG, après plusieurs sessions houleuses du Comité central s’attèle désormais à remettre de l’ordre de la maison FLN. La nouvelle direction du parti joue actuellement des deux pieds. Elle multiplie les messages de bienveillance à l’égard du mouvement national, en faisant siennes ses revendications tout en ayant un œil sur ce qui se passe au sommet de l’Etat. Ce n’est pas un effet du hasard si Mohamed Djemai a apporté son soutien aux appels de Gaid Salah en faveur du dialogue politique. Certains observateurs politiques vont même jusqu’ à avancer que Gaid Salah, un proche de Amar Saâdani, lui-même parrain de Djemai, compte s’appuyer sur le FLN pour mettre en œuvre sa feuille de route. La situation est différente pour le RND, la deuxième béquille du pouvoir. Malgré une contestation interne orchestrée par son ex porte-parole, qui redevient subitement opposant, Ahmed Ouyahia semble tenir la baraque. En témoigne le communiqué qui a sanctionné la dernière réunion de son bureau national. Communiqué dans lequel Ahmed Ouyahia apporte son soutien à l’appel au dialogue du chef de l’état-major. Même si Ouyahia a l’air de tenir bon, son avenir et celui de son parti dépendent de ce que veut en faire le nouveau pouvoir en place, dans le cadre de la transition politique actuelle. Amar Ghoul, sur qui pèse l’épée de Damoclès de la Justice est partagée entre le souci de se faire oublier médiatiquement et néanmoins la tentation de faire des offres de services au pouvoir en place. Lui aussi ne manque pas de saluer les appels au dialogue de Gaid Salah tout en y souscrivant. Avec en arrière pensés la perspective de rebondir pour être à nouveau dans l’équation politique actuelle. Des quatre partis de l’ex coalition présidentielle, c’est sans doute le MPA de Amar Benyounes qui se caractérise par son mutisme assourdissant. Sa seule sortie médiatique était d’afficher sa disponibilité à « accompagner le Hirak ».  Mais pas de réaction du MPA au sujet des discours récurrents de Gaid Salah, encore moins de son appel au dialogue. Ce silence pourrait être le signe d’une crise d’identité politique du parti de Benyounes, probablement tenté de rompre les amarres avec le pouvoir pour entamer une rédemption au sein de l’opposition. Encore faut-il que cette dernière lui souhaite la bienvenue.

N.S