Suspension du trafic aérien: Polémique autour des 500 000 billets d’avion vendus

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Le mystère entoure toujours le sort des 500 000 billets d’avion vendus par la compagnie aérienne nationale Air Algérie, après plus de 9 mois de confinement, suite à la fermeture du trafic aérien et au gel des vols depuis mi-mars 2020.

Puisque Air Algérie n’a toujours pas remboursé les agences de voyages et de tourisme, la polémique et les échanges d’accusations se poursuivent entre les clients et les prestataires de service. Au milieu des échanges d’accusations entre les agences du tourisme et de voyages qui hésitent à indemniser les clients tant qu’ils n’ont pas perçu leur argent de la compagnie aérienne Air Algérie, qui reporte le dossier jusqu’au retour des vols dans un délai pas encore annoncé jusqu’à présent, les clients ayant acquis leur titre de voyage veulent récupérer la totalité de la somme dépensée, ou au moins une solution adaptée à leur préoccupation. Selon des sources de la compagnie nationale révélées par les médias, aucune décision n’a été prise pour le moment concernant les 500 000 billets d’avion, qui ont été vendus, avant la suspension des vols en  mars dernier, dans une ambiguïté concernant le retour du transport aérien qui reste lié à une décision émise par les plus hautes autorités du pays, alors qu’il a été précédemment décidé de ne pas indemniser les clients, mais de fixer une nouvelle date pour les voyages et en mettant à jour le programme une fois la période de confinement levée. Dans ce sillage, certains clients ont pu effectuer des vols avec la compagnie Air France, sous certaines conditions, au cours de la période écoulée et ont été contraints de soumettre des demandes d’annulation du voyage auprès de la compagnie aérienne algérienne, compte tenu du flou de la situation à l’heure actuelle, c’est-à-dire qu’ils n’iront pas à l’étranger même si le trafic aérien est ouvert lors de la prochaine phase. Ces voyageurs préfèrent récupérer leur argent, demandes qui n’ont reçu aucune réponse pour le moment.

Les agences de voyages sont des victimes…

De son côté, le président du syndicat national des agences de voyages et de tourisme, Ilias Djribi, refuse de prendre ou partager la responsabilité avec Air Algérie et confirme que «les agences de voyages font partie des clients de cette société, et que ces mêmes agences n’ont pas pu récupérer les frais de réservation à présent», ajoutant dans ce sens que «la plupart des plaintes liées au réservation des billets d’avion qui nous sont adressées, même si on est des victimes de cette situation très difficile à gérer», soulignant que «3600 agences sont dans une situation financière difficile et menacées de  faillite, et plus de 2000 agences ont baissé rideau  et ne sont  pas sûres de reprendre l’activité même après l’épidémie», a-t-il indiqué. M. Djribi affirme que «les autorités, jusqu’à présent, sont réticentes à écouter les agences de tourisme et de voyages ou à prendre des mesures en leur faveur lors de la prochaine période, sachant que ces agences soutiennent des dizaines de milliers de travailleurs et les licenciements vont faire passer les familles algériennes sous le seuil de pauvreté et réduire le pouvoir d’achat des citoyens, sans oublier que le secteur du tourisme et de l’artisanat est un secteur sensible et fiable lors de la prochaine étape pour ne pas rester dépendant de la rente du secteur des hydrocarbures et trouver de nouvelles sources pour renflouer les caisses du Trésor». Par le passé, une étude du ministère des Transports a estimé les pertes de la compagnie nationale Air Algérie dues à la suspension des vols et du transport aérien à 3500 milliards de centimes, ce qui est un montant énorme et affecte la position de l’entreprise, qui s’est toujours plainte de la diminution du chiffre d’affaires et de la surcharge du personnel qui s’élève à 7000 travailleurs.

  1. W. Benchabane