Tebboune rassure : «Toutes les garanties sont réunies pour assurer la régularité du scrutin»

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En donnant des directives fermes aux différents corps de sécurité, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vient de réaffirmer que «toutes les garanties constitutionnelles, juridiques et réglementaires sont à même de protéger la volonté populaire et assurer la régularité du scrutin du 12 juin».

Soulignant l’importance de ce rendez-vous électoral majeur, le chef de l’Etat n’a pas manqué de relever que toutes les garanties sont réunies pour la sécurisation de l’opération électorale, notamment des bureaux de vote, conformément aux dispositions de la loi régissant et encadrant les élections qui garantit à l’électeur la liberté de vote et criminalise toute atteinte à l’exercice de droit consacré par la Constitution. La campagne électorale des législatives du 12 juin a pris fin, mardi dernier, après 20 jours d’activités au cours desquels les représentants de parti politique et de listes d’indépendants ont tenu meetings et rencontres de proximité pour faire connaître leurs programmes et exhorter les électeurs à participer en force à ce scrutin «crucial» pour la stabilité du pays et la relance du développement. La loi organique relative au régime électoral stipule que «la campagne électorale est déclarée ouverte 23 jours avant la date du scrutin» et «s’achève 3 jours avant cette date». Elle énonce que «nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit», faire campagne en dehors de la période prévue par la loi. Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), instance qui supervise tout le processus électoral, Mohamed Charfi, a indiqué samedi que la campagne électorale a vu depuis son lancement le 20 mai l’organisation de 6098 activités. Il a relevé que 1548 jeunes de moins de 40 ans candidats sur des listes indépendantes ont bénéficié, pour mener leur campagne électorale, d’aides d’une valeur de plus de 460 millions de dinars. Ces aides concernent la prise en charge par l’Etat des dépenses relatives aux frais d’impression des documents, d’affichage et de publicité, de location de salles et de transport, tel que le prévoit la loi. M. Charfi a noté aussi que 13 009 jeunes sont candidats aux élections législatives dont 5743 femmes, alors que le nombre de candidats de niveau universitaire atteint 19 942, soit 74% de l’ensemble des candidats, estimant que ce fait indique que la prochaine Assemblée populaire nationale (ANP) connaîtra une «véritable dynamique». Les législatives du 12 juin, dont il est attendu un rajeunissement des 407 députés devant siéger pour les 5 prochaines années à l’APN, sont marquées par une tendance inédite : sur les 1483 listes de candidats en course, il y a plus de listes d’indépendants (837) que de listes présentées par des partis politiques (646), ce qui dénote, selon des observateurs, la volonté de la société civile de jouer un rôle plus actif au sein des institutions. Au cours de la campagne électorale qui a débuté le 20 mai, les intervenants ont insisté sur l’impératif d’une forte participation des citoyens aux législatives pour consolider la stabilité du pays dans la conjoncture actuelle, marquée par des nombreux défis au plan national, régional et international. Ils ont appelé à faire ainsi barrage aux manœuvres tendant à entraver le processus de redressement en cours, après plusieurs années durant lesquelles des forces agissant en dehors du cadre constitutionnel ont usurpé le pouvoir pour capter les ressources financières de l’Etat à leur profit. Les intervenants ont mis en garde contre l’abstention, une option qui «n’est pas constructive et n’apportera rien de positif», insistant en revanche sur le choix de députés compétents et intègres. Ils ont appelé à réhabiliter l’APN dans son rôle de législateur, de promoteur du développement économique et de vecteur des préoccupations des citoyens. Les animateurs de la campagne ont aussi souligné la nécessité de construire une véritable économie nationale, à caractère social, créatrice de richesses et d’emplois, de sortir du modèle rentier et de promouvoir le développement local, notamment dans les zones d’ombre et éloignées. Le président de l’ANIE a assuré que toutes les dispositions garantissant la probité et la transparence de la campagne électorale et du vote, d’une part, et le respect des mesures de prévention contre le coronavirus, d’autre part, ont été prises. Un plan de prévention sanitaire contre le Covid-19, couvrant les encadreurs, les centres et les bureaux, a été mis en place à cet effet, en coordination avec le ministère de la Santé et l’ensemble des services concernés.  Ces élections législatives sont organisées dans la cadre de nouvelles dispositions légales. La loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée, instaure un nouveau mode de scrutin: le scrutin de liste ouverte à la proportionnelle avec vote préférentiel sans panachage. Elle se distingue également par rapport aux précédentes par la limitation des mandats parlementaires à deux et «encourage la participation des jeunes à la vie politique». Elle entend en outre à «réhabiliter le mérite et surtout éloigner l’argent de toute influence sur le libre choix des électeurs». Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé en février dernier la dissolution de l’APN et l’organisation d’élections législatives anticipées, indiquant qu’un changement profond du gouvernement interviendra «en fonction de l’issue de cette échéance». Récemment, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a relevé «un engouement» notamment chez les jeunes pour les législatives du 12 juin, affirmant qu’il «n’y a pas d’autre issue» et que «tous ceux qui veulent entraîner le pays vers l’aventure sont en train de perdre leur temps». «Je sais qu’il y a un engouement pour ces législatives, notamment chez les jeunes, alors que tout récemment, ils ne s’inscrivaient même pas sur les listes électorales», a indiqué le Président Tebboune dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point, précisant que «plus de 50% de la population a moins de 30 ans en Algérie». Evoquant l’importance de cette échéance électorale, le président de la République a affirmé qu’il «n’y a pas d’autre issue», précisant que «tous ceux qui veulent entraîner le pays vers l’aventure sont en train de perdre leur temps». «Quand j’étais malade et que les rumeurs enflaient, me donnant même comme décédé, la plupart des Algériens étaient angoissés, même parmi ceux qui n’ont pas voté pour moi ou qui ne m’apprécient pas», a-t-il révélé, expliquant l’attitude des Algériens par le fait «qu’ils veulent que le pays reste sur la voie de la légalité». A une question sur «une bonne partie de l’opposition» qui aurait choisi de «boycotter le scrutin», le chef de l’Etat a rétorqué : «Ce que j’observe à travers tout le pays ne dit pas que les Algériens, dans leur majorité, sont opposés aux élections législatives». Et d’enchaîner : «Vous me dites une ‘bonne partie de l’opposition’ : combien sont-ils ? Au vu des instruments de mesure dont nous disposons, il s’agit d’une minorité qui se présente comme une majorité grâce à une médiatisation à outrance, notamment outre-mer». A cet égard, le chef de l’Etat a relevé que «certains ambassadeurs, malheureusement, ne voient que cette minorité et ne vivent qu’avec elle, et ignorent la majorité des Algériens, induisant en erreur les pays auxquels ils appartiennent».

  1. Benslimane