Transferts: La tendance vers la baisse va-t-elle se confirmer ?

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Avec le prolongement de l’arrêt des compétitions et le vide sidéral auquel est confronté le sport de haut niveau, le monde du spectacle se pose des questions. Ça devient presque un débat philosophique.

Les ravages de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19) sont passés par-là pour tout remettre en cause : notre mode de vie, nos certitudes et même nos priorités. Rien ne sera comme avant prédisent les experts dans tous les domaines. Les sportifs de haut niveau seront des victimes collatérales de la pandémie. Peut-être que l’on reviendra à des valeurs plus saines dans la pratique du sport, où il y aura moins d’argent qui circule, moins de dopage. Tout cela nous emmène à évoquer un sujet sensible qui a souvent fait polémique que ce soit chez nous où ailleurs. Celui du salaire des joueurs de football et la valeur de leurs transferts. Ces dernières années, avec l’arrivée de nouveaux investisseurs du Golfe, les prix ont flambé d’une manière exponentielle. La surenchère a créé une bulle spéculative vertigineuse. L’on se demandait d’ailleurs quand est-ce qu’elle allait exploser. C’était une question de temps et de conjoncture. Avec la crise économique et la récession qui s’annoncent, c’est l’occasion de la dégonfler. Les transferts à plus de 100 millions d’euros seront bientôt un vieux souvenir, avancent les experts. Les prix vont chuter inexorablement et l’on reviendra à des valeurs plus acceptables, moins choquantes. A titre d’exemple, la valeur marchande d’un joueur comme Kylian Mbappé était estimée à 300 millions d’euros avant la crise du coronavirus. Aujourd’hui, il faut diviser ce prix par trois ou plus. Cela se répercutera inéluctablement sur les salaires. Il n’y aura plus beaucoup d’équipes qui offriront des émoluments faramineux. La tendance sera à une baisse générale pour un bon moment, le temps pour les clubs de se relever de cette crise. Toute proportion gardée, ce sera tout aussi valable chez nous. L’on connaîtra vraisemblablement une baisse significative dans les tractations. On le voit déjà avec la diminution des salaires qui semble être acceptée et adoptée par l’ensemble des joueurs. Cette politique de récession sera poursuivie encore quelques années. C’est inévitable. Tout le monde en est conscient. Pour le moment, il n’y a pas de transfert annoncé, car la priorité actuellement est de sortir de cette crise sanitaire. Mais quelques contacts sont néanmoins établis ça et là. Toutefois, cela ne devrait pas changer complètement la donne. Ceux qui avaient l’habitude d’animer le marché seront pratiquement les mêmes, à une différence près : cette fois ils payeront moins. Une différence de taille allions-nous dire. L’on a hâte de découvrir la nouvelle tendance du marché et de savoir si les prévisions des experts vont se concrétiser sur le terrain. Car il faut dire que pour le moment, ce n’est que des spéculations, même si tous les signes convergent inexorablement vers une baisse inévitable. L’on ne sait pas néanmoins ce que nous réserve l’avenir proche. La logique n’a jamais été vraiment respectée dans ce milieu. Des facteurs exogènes pourraient intervenir pour maintenir le statu quo. C’est une probabilité à ne pas écarter. Il faut s’attendre à tout, même aux scénarios les plus invraisemblables.

Ali Nezlioui